vendredi 2 juillet 2010
K.37 L'imminence sautillante et incertaine continuée de l'affrontement.
Bien qu'étouffée par la houle, la clameur grandissante des "hourras !", éveille la nef, comme un oiseau qui s'ébroue : [7 secondes] les canonniers s'affairent et astiquent en rythme les pièces d'artillerie ; les soldats affûtent les sabres et se rangent sur le pont, avec une mâle soif d'affrontements. Ils trépignent, se lancent des défis [18 secondes] et leurs cœurs se chantent déjà en des circonvolutions flamboyantes les faits d'armes à venir. [27 secondes] La clameur se fait prochaine, à la mesure de l'accroissement de l'ardeur combattive, mais l'éloignement encore trop important de la nef ennemie les contraint aux fantasmes les plus séduisants d'une bataille rageuse où ils auraient le dessus ; tous fantasmes qu'ils sont, ils bruissent dans leurs âmes, en se frottant en saccades à la réalité - que la main droite exprime par ses tressautements aigus. [51 secondes] Dans l'attente de l'affrontement, sont alors les derniers cris animés des soldats, avant un relative accalmie, présanguinaire. [1 minute 7] Les canons parlent, en deux salves, pour évaluer l'ennemi. Les marins hors d'eux, fourmillent ; répondent intérieurement à l'appel guerrier de la nef toute proche, en se pressant au bord de rencontre. [1 m 27] Cette fois, c'est l'abordage : une pointe d'hommes fébriles perce le rang hostile et permet le déversement d'une masse de marins. Dégainés, les sabres dansent ; et parmi eux, un fier aguerri, dressé comme sa lame, se joue d'une troupe en tournoyant. Après cet habile carnage, ses compagnons achèvent de faire place nette, dans cette partie du bateau. [2 minutes 16] La rage se voit renouvelée, noircie, par la fureur du sang versé ; les coups se font plus pesants, la tornade de lame plus tranchante, et si le sabre épouse le ciel, ce n'est que pour trancher plus profondément, sans appel, jusqu'au tournoiement ultime de rage ramassée. [3 minutes 14] L'ardeur de l'adversaire, pourtant, ne faiblit pas ; c'est toujours ce tranchant amer qui parle, blanchi par la triste écume et la sévérité du ciel. Y a-t-il gloire à tirer de l'humaine obstination, à combattre ?
jeudi 10 juin 2010
Montagne
Je ne vois rien,
Je veux simplement entendre le silence,
comprendre les conseils du vent sombre
qui font valser la plaine.
Montagne je ne demande rien,
ma marche est bien assez lente
pour que si vous vouliez m'offrir une phrase
vous puissiez toujours me rattraper.
Montagne je suis aveugle,
mes falaises me masque les ombres
qui s'étirent en fleuve en bas de mes hanches,
Montagne je ne rêve que d'un radeau,
de m'embarquer pour une longue traversée,
d'apercevoir au loin
une autre monstrueuse excroissance de terre
qui tranche l'horizon terne des répétitions.
Montagne je suis malade des villes
et de leur nuée de vitres et d'éther,
Montagne je songe et me torture
de l'âpreté des pavés réverbères
qui jalonnent mes rêves.
Montagne j'espère en l'autre,
ce passeur d'eau invisible et secret,
cette lueur tapie
là où on ne l'attend jamais,
Ce début de sourire
qui suffit à courber
le joug sombre et froid
des machines,
ces tentaculaires qui nous rendent à l'inertie,
à l'anonymat,
et aux tortures
des rondes automobiles.
Montagne je sème
des amandes
à chaque bourrasques de vent,
parole foen,
mistral de mot,
autan de féérie,
qui répandent une poussière
de cendre,
sur le front trop plat des villes,
recouvrant les symboles mortifères
de la Grande Publicité,
Montagne,
faisant taire
dans le recouvrement de mes crevasses
la voix amère de tous les biens pensants,
soldats silencieux
qui gomment avec méthode
toutes les nuances de ciel
naissant entre les briques serrées
de leur plafond toujours trop bas,
qui repeignent en blanc les temples
couverts du sang frais de leur proie commerciales,
qui érigent les antennes clignotantes
qui bombarderont sans fin
les foyers épuisés par le cycle incessant
des mécaniques bien réglées.
Soldats silencieux
ignorant les larmes
qui gonflent chaque soir les caniveaux
remplis des cotillons multicolores
de leur consommation.
Soldats haletant des masses assoiffées
par les désirs estampillés & Co. ,
frustrés battant sans cesse les grands claviers
de l'oracle mondial des vérités,
encostumés de l'uniforme
qui ne voient plus,
prisonniers des habitudes
et de l'indifférente immobilité,
les possibles infinis qui recouvrent le monde
à chaque bourrasque de vent,
qui n'entendent plus la voix de leur propre désir,
tous conspués pilule par dose télévisé,
ivres transistors emporté par la valse électron,
le visage écrasé
contre
l'écran clignotant point couleur
Montagne ils veulent me dévorer,
l'armée des bulldozers
égrène chaque jour mes contours,
Mais ils n'auront pas mon vent,
mon souffle amande
qui gonfle les voiles
du nautonier égaré,
et qui au loin fait perler l'espoir
d'une aurore.
Je veux simplement entendre le silence,
comprendre les conseils du vent sombre
qui font valser la plaine.
Montagne je ne demande rien,
ma marche est bien assez lente
pour que si vous vouliez m'offrir une phrase
vous puissiez toujours me rattraper.
Montagne je suis aveugle,
mes falaises me masque les ombres
qui s'étirent en fleuve en bas de mes hanches,
Montagne je ne rêve que d'un radeau,
de m'embarquer pour une longue traversée,
d'apercevoir au loin
une autre monstrueuse excroissance de terre
qui tranche l'horizon terne des répétitions.
Montagne je suis malade des villes
et de leur nuée de vitres et d'éther,
Montagne je songe et me torture
de l'âpreté des pavés réverbères
qui jalonnent mes rêves.
Montagne j'espère en l'autre,
ce passeur d'eau invisible et secret,
cette lueur tapie
là où on ne l'attend jamais,
Ce début de sourire
qui suffit à courber
le joug sombre et froid
des machines,
ces tentaculaires qui nous rendent à l'inertie,
à l'anonymat,
et aux tortures
des rondes automobiles.
Montagne je sème
des amandes
à chaque bourrasques de vent,
parole foen,
mistral de mot,
autan de féérie,
qui répandent une poussière
de cendre,
sur le front trop plat des villes,
recouvrant les symboles mortifères
de la Grande Publicité,
Montagne,
faisant taire
dans le recouvrement de mes crevasses
la voix amère de tous les biens pensants,
soldats silencieux
qui gomment avec méthode
toutes les nuances de ciel
naissant entre les briques serrées
de leur plafond toujours trop bas,
qui repeignent en blanc les temples
couverts du sang frais de leur proie commerciales,
qui érigent les antennes clignotantes
qui bombarderont sans fin
les foyers épuisés par le cycle incessant
des mécaniques bien réglées.
Soldats silencieux
ignorant les larmes
qui gonflent chaque soir les caniveaux
remplis des cotillons multicolores
de leur consommation.
Soldats haletant des masses assoiffées
par les désirs estampillés & Co. ,
frustrés battant sans cesse les grands claviers
de l'oracle mondial des vérités,
encostumés de l'uniforme
qui ne voient plus,
prisonniers des habitudes
et de l'indifférente immobilité,
les possibles infinis qui recouvrent le monde
à chaque bourrasque de vent,
qui n'entendent plus la voix de leur propre désir,
tous conspués pilule par dose télévisé,
ivres transistors emporté par la valse électron,
le visage écrasé
contre
l'écran clignotant point couleur
Montagne ils veulent me dévorer,
l'armée des bulldozers
égrène chaque jour mes contours,
Mais ils n'auront pas mon vent,
mon souffle amande
qui gonfle les voiles
du nautonier égaré,
et qui au loin fait perler l'espoir
d'une aurore.
mercredi 9 juin 2010
C'est donc ...
Les bras sur la tête, le coude rentré dans les côtes,
les jambes pliées sous le pied traversé de spasmes,
la main qui gratte le menton sous le ventre,
le nombril du tibia qui pend sous le genou,
le cœur qui s'emballe, qui se referme sur l'estomac foie petit pois,
le visage qui n'a plus de profil, la face qui s'écrase contre la vitre,
le poing aux ongles qui rentrent dans la paume,
le poing battant les cuisses sous les épaules,
le cou cerclé par colonne vertébrale, le torse tordu écrasé sur canapé,
le crâne tondu qui repose sur le flanc,
les hanches mâchoires qui déglutissent le sang noir de mes mains,
la peau tendue par des pinces accrochées à la lampe fer du bureau,
les doigts qui poussent entre mes lèvres,
ma langue arrachée qui a pris greffe sur ma poitrine,
ma cage thoracique écartelée qui libère mes poumons pompes à saveur.
C'est donc, c'est donc ...
Le cycle morbide des répétitions qui me ressaisit,
Je ne sais plus quand commence le jeu,
quand finit le je ...
C'est donc, c'est donc...
La foule inerte des ronds de fumée essayant de soulever le carreau de la vitre retenant le souffle de mes étoiles,
qui ne me distrait plus ...
Dans la suite tapageuse des rayons de soleil,
à peine interrompue par le passage des troupeaux de nuages,
Je ne trouve plus les ombres dont mes yeux se nourrissaient.
La boucle bouclée se referme sur un reflet
du miroir flou des profondeurs papiers.
Le bras sur la tête, le coude rentré dans les côtes,
C'est donc, c'est donc ...
Toute l'âme résumée quand lente nous l'expirons dans plusieurs ronds de fumée,
abolis en autres ronds, cercles de papiers et chimères alignées,
Que les hanches mâchoires déglutissent le sang noir de mes mains,
Que ça bave sur la feuille immaculée
Et remplit le vide apathique des journées qui s'étirent dans le silence des villes.
C'est donc, c'est donc ...
Embarqué de frêle esquif, à la reconquête de l'eau dérobée,
La voile gonflée au souffle de paroles amères,
Que je scrute le ciel pour découvrir les cartes
masquée dans les cascades lactées.
- Regards d'ancêtres et d'enfants qui se croisent-
C'est donc... la nuit,
notre grand livre à tous.
Et au soleil d'un grand feu de carnets et de cahiers,
les flammes longues et bleues dévorent
les lignes minces et serrées qui pigmentent mes yeux,
Dans la fumée du foyer des cendres se dessine un visage,
Phénix, Robinson renaissant à chaque incendie,
à la dérive toujours des océans dépourvus de larmes,
C'est donc, c'est donc,
Embarqué de frêle esquif, à la fuite des villes
et de leur cadavre cortège,
du flot ruminant de leurs masses consommantes,
de l'inertie maladive des corps propulsés métro,
des festins électriques et d'essence,
et de l'odeur encore fraiche des charniers...
Tout se mêle dans le bombardement quotidien des ondes et des antennes,
des ruines citadines jaillissent les images par gerbes incandescentes,
étincelles acides, électronique avide,
c'est la décharge mondialisée, l'électrochoc collectivisé,
le prozac distribué par transistors interposés.
Les patients cliniques de la norme
vénèrent en silence les blouses blanches
et les nouveaux fils du Soleil qui s'affairent sans cesse
dans le ventre des grands monolythes de verre.
Les hommes une laisse en soie nouée autour du cou
mettent au point les grandes incantations,
les calculs bénéfices bonheur
et l'avenir toute probabilité...
C'est donc .... l'aurore,
qui refuse de trancher
l'horizon de toutes leurs horreurs,
C'est donc, c'est donc ...
Ma langue arrachée qui a pris greffe sur ma poitrine,
la nuit qui ne veut pas en finir,
ces mots répétés qui se confondent, s'entrechoquent,
Débris miettes et quelques restes ...
Il n'y a plus de mots ...
C'est donc, c'est donc ...
Ma cage thoracique écartelée qui libère mes poumons pompes à saveur,
l'insomnie révoltée du briseur d'horloge,
C'est donc, c'est donc ...
Le coin bleu de la page qui prend feu,
courrez, pauvres fous, courrez !
fragiles brindilles et coques de noix,
tout cela flambera bien vite, croyez moi !
C'est donc ... le poème qui se veut torche,
l'écriture foudre,
qui dans un fracas de terre
ensevelie les répétitions des villes,
embrase dans un vacarme de démence
les conduites et tuyauteries des biens pensants.
C'est donc, c'est donc...
Le cadavre macabre des feuilles qui recouvre déjà la scène,
déchiqueté, tranché, cisaillé,
le poète qui ne veut plus de poèmes,
qui veut écrire des braises,
chanter des ruines,
et danser sur le cercueil des villes tentacules.
C'est donc, c'est donc ...
L'horloge qui ne cesse sa ronde,
la course effrénée du poignet
qui cache le mot clandestin sous des monceaux de papiers...
Mais l'horloge guette toujours,
et rattrape le temps que je veux ici préserver...
C'est donc, c'est donc ...
La mécanique butée des aiguilles de fer
qui encore agence la ville,
et d'un même geste banni l'aurore,
que nous ne verrons peut être plus...
les jambes pliées sous le pied traversé de spasmes,
la main qui gratte le menton sous le ventre,
le nombril du tibia qui pend sous le genou,
le cœur qui s'emballe, qui se referme sur l'estomac foie petit pois,
le visage qui n'a plus de profil, la face qui s'écrase contre la vitre,
le poing aux ongles qui rentrent dans la paume,
le poing battant les cuisses sous les épaules,
le cou cerclé par colonne vertébrale, le torse tordu écrasé sur canapé,
le crâne tondu qui repose sur le flanc,
les hanches mâchoires qui déglutissent le sang noir de mes mains,
la peau tendue par des pinces accrochées à la lampe fer du bureau,
les doigts qui poussent entre mes lèvres,
ma langue arrachée qui a pris greffe sur ma poitrine,
ma cage thoracique écartelée qui libère mes poumons pompes à saveur.
C'est donc, c'est donc ...
Le cycle morbide des répétitions qui me ressaisit,
Je ne sais plus quand commence le jeu,
quand finit le je ...
C'est donc, c'est donc...
La foule inerte des ronds de fumée essayant de soulever le carreau de la vitre retenant le souffle de mes étoiles,
qui ne me distrait plus ...
Dans la suite tapageuse des rayons de soleil,
à peine interrompue par le passage des troupeaux de nuages,
Je ne trouve plus les ombres dont mes yeux se nourrissaient.
La boucle bouclée se referme sur un reflet
du miroir flou des profondeurs papiers.
Le bras sur la tête, le coude rentré dans les côtes,
C'est donc, c'est donc ...
Toute l'âme résumée quand lente nous l'expirons dans plusieurs ronds de fumée,
abolis en autres ronds, cercles de papiers et chimères alignées,
Que les hanches mâchoires déglutissent le sang noir de mes mains,
Que ça bave sur la feuille immaculée
Et remplit le vide apathique des journées qui s'étirent dans le silence des villes.
C'est donc, c'est donc ...
Embarqué de frêle esquif, à la reconquête de l'eau dérobée,
La voile gonflée au souffle de paroles amères,
Que je scrute le ciel pour découvrir les cartes
masquée dans les cascades lactées.
- Regards d'ancêtres et d'enfants qui se croisent-
C'est donc... la nuit,
notre grand livre à tous.
Et au soleil d'un grand feu de carnets et de cahiers,
les flammes longues et bleues dévorent
les lignes minces et serrées qui pigmentent mes yeux,
Dans la fumée du foyer des cendres se dessine un visage,
Phénix, Robinson renaissant à chaque incendie,
à la dérive toujours des océans dépourvus de larmes,
C'est donc, c'est donc,
Embarqué de frêle esquif, à la fuite des villes
et de leur cadavre cortège,
du flot ruminant de leurs masses consommantes,
de l'inertie maladive des corps propulsés métro,
des festins électriques et d'essence,
et de l'odeur encore fraiche des charniers...
Tout se mêle dans le bombardement quotidien des ondes et des antennes,
des ruines citadines jaillissent les images par gerbes incandescentes,
étincelles acides, électronique avide,
c'est la décharge mondialisée, l'électrochoc collectivisé,
le prozac distribué par transistors interposés.
Les patients cliniques de la norme
vénèrent en silence les blouses blanches
et les nouveaux fils du Soleil qui s'affairent sans cesse
dans le ventre des grands monolythes de verre.
Les hommes une laisse en soie nouée autour du cou
mettent au point les grandes incantations,
les calculs bénéfices bonheur
et l'avenir toute probabilité...
C'est donc .... l'aurore,
qui refuse de trancher
l'horizon de toutes leurs horreurs,
C'est donc, c'est donc ...
Ma langue arrachée qui a pris greffe sur ma poitrine,
la nuit qui ne veut pas en finir,
ces mots répétés qui se confondent, s'entrechoquent,
Débris miettes et quelques restes ...
Il n'y a plus de mots ...
C'est donc, c'est donc ...
Ma cage thoracique écartelée qui libère mes poumons pompes à saveur,
l'insomnie révoltée du briseur d'horloge,
C'est donc, c'est donc ...
Le coin bleu de la page qui prend feu,
courrez, pauvres fous, courrez !
fragiles brindilles et coques de noix,
tout cela flambera bien vite, croyez moi !
C'est donc ... le poème qui se veut torche,
l'écriture foudre,
qui dans un fracas de terre
ensevelie les répétitions des villes,
embrase dans un vacarme de démence
les conduites et tuyauteries des biens pensants.
C'est donc, c'est donc...
Le cadavre macabre des feuilles qui recouvre déjà la scène,
déchiqueté, tranché, cisaillé,
le poète qui ne veut plus de poèmes,
qui veut écrire des braises,
chanter des ruines,
et danser sur le cercueil des villes tentacules.
C'est donc, c'est donc ...
L'horloge qui ne cesse sa ronde,
la course effrénée du poignet
qui cache le mot clandestin sous des monceaux de papiers...
Mais l'horloge guette toujours,
et rattrape le temps que je veux ici préserver...
C'est donc, c'est donc ...
La mécanique butée des aiguilles de fer
qui encore agence la ville,
et d'un même geste banni l'aurore,
que nous ne verrons peut être plus...
mercredi 2 juin 2010
C'est l'heure
Ailleurs l'aurore !
D'ailleurs l'horreur
s'annonce en toute splendeur.
Ailleurs l'aurore !
Il n'est plus l'heure
de l'effleurement du sens
par la branche d'un mot,
bien pesé, enjolivé de virgules
et de blancs légers comme l'instant.
Ailleurs l'aurore !
L'horreur approche !
les pas battant le pavé
annonce bien des fureurs.
L'aurore dans son entrelacs de nuances
et son souffle de soleil est ailleurs ;
D'ailleurs l'horreur s'annonce déjà,
silencieuse en l'état actuel des choses,
dans ce temps encore ambigu où l'on croit apercevoir l'aurore.
Mais pas de méprise ! C'est bien Horreur qui au loin tapie guette ses proies,
Terreur ne tardera pas, et avec elle, erreur, torpeur,
En cortège sous nos fenêtres qui battront des mains,
Acclameront sueur, famille, patrie et travailleur,
Invoqueront rancoeur, peur et malheur,
définiront bonheur dans un cri vengeur
adressé aux infidèles de leur norme mérite.
Horreur s'annonce, Terreur la suit,
et avec elles, aigreur, tumeur,
tous racoleurs, galvaudeurs et salvateurs,
Ils se mettront en tête fureur,
au pas cadencé des basses cours
où se retrouvent les adorateurs de l'horreur.
L'aurore est bien loin, d'ailleurs,
à l'heure où je vous parle
Terreur sévit en bas de chez moi,
des cris et des courses se répondent,
on entends des coups de feu claqués
entre les murs silencieux et ternes de mon quartier.
Fureur est de retour, je l'entends qui grince sur le pavé,
Terreur, horreur, son armée se drapent de voiles salvateurs,
et dans les ténèbres c'est l'heure,
L'aurore est depuis longtemps morte,
ne reste que Capital,
Fureur de tout ce bruit mêlé de fusillade,
et le silence de mon quartier,
Répression d'un cri qui ne parvient à naître.
D'ailleurs l'horreur
s'annonce en toute splendeur.
Ailleurs l'aurore !
Il n'est plus l'heure
de l'effleurement du sens
par la branche d'un mot,
bien pesé, enjolivé de virgules
et de blancs légers comme l'instant.
Ailleurs l'aurore !
L'horreur approche !
les pas battant le pavé
annonce bien des fureurs.
L'aurore dans son entrelacs de nuances
et son souffle de soleil est ailleurs ;
D'ailleurs l'horreur s'annonce déjà,
silencieuse en l'état actuel des choses,
dans ce temps encore ambigu où l'on croit apercevoir l'aurore.
Mais pas de méprise ! C'est bien Horreur qui au loin tapie guette ses proies,
Terreur ne tardera pas, et avec elle, erreur, torpeur,
En cortège sous nos fenêtres qui battront des mains,
Acclameront sueur, famille, patrie et travailleur,
Invoqueront rancoeur, peur et malheur,
définiront bonheur dans un cri vengeur
adressé aux infidèles de leur norme mérite.
Horreur s'annonce, Terreur la suit,
et avec elles, aigreur, tumeur,
tous racoleurs, galvaudeurs et salvateurs,
Ils se mettront en tête fureur,
au pas cadencé des basses cours
où se retrouvent les adorateurs de l'horreur.
L'aurore est bien loin, d'ailleurs,
à l'heure où je vous parle
Terreur sévit en bas de chez moi,
des cris et des courses se répondent,
on entends des coups de feu claqués
entre les murs silencieux et ternes de mon quartier.
Fureur est de retour, je l'entends qui grince sur le pavé,
Terreur, horreur, son armée se drapent de voiles salvateurs,
et dans les ténèbres c'est l'heure,
L'aurore est depuis longtemps morte,
ne reste que Capital,
Fureur de tout ce bruit mêlé de fusillade,
et le silence de mon quartier,
Répression d'un cri qui ne parvient à naître.
vendredi 14 mai 2010
Az-zhar
Seul au milieu des rondes de pluie,
Cherchant parmi les gouttes la mélodie
Des fracas de tôle et des rencontres de flaques,
La conquête sombre des détours de lampadaire
Et des trottoirs noirs encore du viol de la nuit,
Seul au milieu des rondes de pluie,
Là où le masque appauvri des apparences
dégouline le long des murs ternes et endormis.
Le temps de la halte est déjà souvenir,
Toujours mystère,
Il m'accompagne quand je suis seul,
Délaissé par la présence des hommes.
Le temps de la halte est souvenir, précieux,
survenant à n'importe quel moment,
Le temps de la halte est sûr pour l'errant,
Guettant à la lisière infinie du globe,
une lueur amicale dans la pupille d'océan.
C'est une île abandonnée au creux de la paume
d'un homme harassé par les détours du sentier centenaire,
C'est une perle oubliée au plus profond des yeux du voyant de la norme,
Un espace où je peux enfin respirer,
Espérer que la suite des journées mécanisées s'interrompent,
Où je peux attendre sereinement
La panne mondialisée.
Cherchant parmi les gouttes la mélodie
Des fracas de tôle et des rencontres de flaques,
La conquête sombre des détours de lampadaire
Et des trottoirs noirs encore du viol de la nuit,
Seul au milieu des rondes de pluie,
Là où le masque appauvri des apparences
dégouline le long des murs ternes et endormis.
Le temps de la halte est déjà souvenir,
Toujours mystère,
Il m'accompagne quand je suis seul,
Délaissé par la présence des hommes.
Le temps de la halte est souvenir, précieux,
survenant à n'importe quel moment,
Le temps de la halte est sûr pour l'errant,
Guettant à la lisière infinie du globe,
une lueur amicale dans la pupille d'océan.
C'est une île abandonnée au creux de la paume
d'un homme harassé par les détours du sentier centenaire,
C'est une perle oubliée au plus profond des yeux du voyant de la norme,
Un espace où je peux enfin respirer,
Espérer que la suite des journées mécanisées s'interrompent,
Où je peux attendre sereinement
La panne mondialisée.
jeudi 25 mars 2010
Trouvé sur un trottoir.
Il ne reste que toi et moi,
un quelconque message
blotti dans une bouteille roulée par les flots.
Une plage peut-être où s'échouer,
un havre, une halte,
sur laquelle te rencontrer,
te tendre la main et te dire :
Ami,
il ne reste que toi et moi.
Et puis repartir roulé dans le creux d'une bouteille,
voyagé par l'écume bleue minuit,
loin des horloges et des grincements de scie ;
balloté jusqu'à la prochaine île,
roulé dans le fond d'une bouteille,
message dans l'attente d'un regard,
d'un œil épris de liberté, vagabond,
seul détenteur de Sésame.
Message raturant sans cesse ses lignes,
message de rencontre et de détours
cherchant dans l'amas des tâches d'encre,
une image, un mystère,
pour se sentir vivre dans ton regard.
Car il ne reste que toi et moi,
et moi n'est qu'un message, une page,
triturée, froissée, roulée au fond d'une bouteille,
et toi une ombre, une promesse, un rêve,
toi qui découvre dans la constellations des écritures
ce visage que je peux aimer,
Cet instantané qui retient le flot permanent des apparences,
où je ne suis plus seul,
car restent toi et moi,
Toi, étonné par la force de ton imagination,
Moi, se saisissant dans ton regard distrait
par la suite de lignes étranges et silencieuses.
Le message n'a qu'une parole faible, à peine prononcée,
un murmure qui s'achemine sur la page blanche
comme un blessé se traînant au retour d'une guerre.
Amputé par les traits acerbes
de la répétition normalisée des images-soleil,
déchiré par les dents mécaniques des chaînes de montage,
étouffé dans les noires trainées des fourneaux fondeurs de terre,
Message rempli d'échos,
D'écho fusillés au petit matin des longs mois d'hiver,
Échos lapidé par vengeance publique d'états totalitaires,
Échos brûlés par les bombardements quotidiens des ondes et des antennes,
vitriolés, défigurés, imputés, tranchés,
violés, battus, saignés,
Échos de toutes ces images que je retourne encore et encore,
les yeux gorgés de silence,
ici,
où ne restent que toi et moi,
avant que le flot ne m'emporte à nouveau,
sinueuses trainées d'une plume
obstruant peu à peu l'horizon de la page.
J'attends,
simple message,
que quelqu'un déroule mon regard.
blotti dans une bouteille roulée par les flots.
Une plage peut-être où s'échouer,
un havre, une halte,
sur laquelle te rencontrer,
te tendre la main et te dire :
Ami,
il ne reste que toi et moi.
Et puis repartir roulé dans le creux d'une bouteille,
voyagé par l'écume bleue minuit,
loin des horloges et des grincements de scie ;
balloté jusqu'à la prochaine île,
roulé dans le fond d'une bouteille,
message dans l'attente d'un regard,
d'un œil épris de liberté, vagabond,
seul détenteur de Sésame.
Message raturant sans cesse ses lignes,
message de rencontre et de détours
cherchant dans l'amas des tâches d'encre,
une image, un mystère,
pour se sentir vivre dans ton regard.
Car il ne reste que toi et moi,
et moi n'est qu'un message, une page,
triturée, froissée, roulée au fond d'une bouteille,
et toi une ombre, une promesse, un rêve,
toi qui découvre dans la constellations des écritures
ce visage que je peux aimer,
Cet instantané qui retient le flot permanent des apparences,
où je ne suis plus seul,
car restent toi et moi,
Toi, étonné par la force de ton imagination,
Moi, se saisissant dans ton regard distrait
par la suite de lignes étranges et silencieuses.
Le message n'a qu'une parole faible, à peine prononcée,
un murmure qui s'achemine sur la page blanche
comme un blessé se traînant au retour d'une guerre.
Amputé par les traits acerbes
de la répétition normalisée des images-soleil,
déchiré par les dents mécaniques des chaînes de montage,
étouffé dans les noires trainées des fourneaux fondeurs de terre,
Message rempli d'échos,
D'écho fusillés au petit matin des longs mois d'hiver,
Échos lapidé par vengeance publique d'états totalitaires,
Échos brûlés par les bombardements quotidiens des ondes et des antennes,
vitriolés, défigurés, imputés, tranchés,
violés, battus, saignés,
Échos de toutes ces images que je retourne encore et encore,
les yeux gorgés de silence,
ici,
où ne restent que toi et moi,
avant que le flot ne m'emporte à nouveau,
sinueuses trainées d'une plume
obstruant peu à peu l'horizon de la page.
J'attends,
simple message,
que quelqu'un déroule mon regard.
mercredi 17 mars 2010
L'oeil silence
de la main qui creuse en cercle la terre,
l'oeil paysage,
qui se transforme dans un nuage de fumée
en oeil rivage, en oeil-céan,
Emportées par le flot-écume d'un regard,
les voiles se soulèvent dans le souffle d'une parole,
l'oeil nuit
de la main qui creuse en cercle la terre,
à la recherche de pierres,
tâtonnant l'obscurité même,
glaneuse des débris du soleil ;
l'oeil étoilé, l'oeil exilé,
qui se presse de rentrer avant le jour,
avant que ne paraissent les hommes aux yeux crevés.
Ceux qui l'ont banni de leur visage
et qui menacent encore de le poursuivre.
L'oeil du passeur d'eau blotti au fond d'un miroir
est une main tendue,
le retournement d'un monde,
la tombée d'un voile,
dans cet envers,
sombre atmosphère de l'univers.
Mais le passeur d'eau se réfugie aussi
là où ne l'attend pas,
le passeur d'eau en exil s'étonne toujours
de son semblable sédentaire.
Il est, lui, insouciant et versatile,
à saisir au détour d'une ruelle,
sur le quai embrumé d'un soir d'automne,
sous la chaise d'une cuisine,
entre les murs d'un bureau,
masqué dans un tas de papier,
ou encore
métamorphosé en tâche d'encre,
se déversant
sur la page
d'un regard.
Le passeur d'eau que je croise aujourd'hui
n'est jamais celui de mon souvenir,
le passeur d'eau d'hier ne se préoccupe pas
du passeur d'eau de demain.
Ce n'est qu'une main tendue, une image,
qui dans l'errance ou dans l'absence,
fait ressurgir du sein meurtri des villes
un compagnon pour le nautonier égaré.
Son visage contient l'étincelle d'où jaillit le Phénix,
la goutte de vase
faisant déborder l'eau à la bouche.
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