Lutter contre le sommeil,
les paupières lourdes sont des rideaux de fer.
Ce soir je refuse de les abaisser,
ce soir je me rêve horlogicide.
Le corps tendu, mes bras que je fais traverser par des spasmes
m'emportent loin des douceurs de la nuit.
Le temps se suspend, refus du cycle normal des répétitions.
Il n'y aura pas de sommeil cette nuit,
Cette nuit est mienne.
J'emporte ce carnet et parcours les rues endormies au hasard de l'errance,
Je croise quelques exilés du sommeil comme moi,
Ombres longeuses de murs,
collectionneurs d'images laissées dans le halo silencieux des réverbères.
Nous nous rencontrons,
nous ne parlons plus,
nous sommes du langage des affranchis de l'horloge,
résistants noctambules,
insomniaques volontaires,
errants dans les rues délaissées par les foules du soleil.
A la fin des détours et des rencontres de silence,
les yeux gorgés de visages étranges et amicaux,
Je ramène dans ma petite chambre
quelques sens à panser,
quelques miettes, débris et autres coquilles de noix
ramassés sur le bas côté des routes bitumées.
Je les couche sous quelques feuilles de papier blanc,
les arrose patiemment avec un peu d'encre,
leur fait prendre l'air sur le rebord de ma fenêtre,
et attends, sans précipitation aucune,
qu'un jour ils s'envolent dans le regard affamé
de quelqu'un qui voudra bien les emporter loin de ces barres d'immeubles,
les fera passer de l'autre côté des villes,
là où ils seront enfin libres,
Eux aussi enfin soulagés des affres de l'horloge.
dimanche 16 janvier 2011
Absence prolongée
Il me faut des mots,
écrire contre le vide pour ne pas oublier...
Écrire, glaner sur la grève tranquille du matin
ce que le monde, océan de couleurs et de rencontres,
nous offre sans le dire,
son propre envers, ses mensonges et ses détours,
ses beautés simples, jamais que gonflées et inondées
de miel dans la bouche des poètes.
Il me faut des mots pour dire que je suis en vie...
pour sentir palpiter mon corps...
Il me faut des mots et je trouve cette idée ridicule,
tout ce que j'écris se répète et ne fait que s'encenser
d'un style haïssable, qui ne me ressemble pas...
C'est comme mon envers à moi aussi,
ce que je supporte le moins en moi...
le miroir des profondeurs où l'on s'abime,
Il n'y a que ça qui s'étale sur la page et qui m'assaille,
me saute au visage...
Pourtant, il me faut des mots,
toujours d'autres, encore d'autres ...
et même si en réalité ce ne sont jamais que les mêmes...
Il me faut des mots car il me faut vivre par ma langue,
et ma langue ne dit jamais deux fois le même mot.
Il me faut des mots même si je sais que de ma vie je n'en trouverai
peut être que deux ou trois...
Il me faut des mots,
c'est une maladie orpheline,
une obsession malsaine,
qui ne me quitte jamais...
Il y a bien des moments de répits,
quand une fois de trop la page continue de ne dire
que des lignes de style détestables,
de ces moments où je préfère trancher la paume de ma main
avec un tesson de bouteille
plutôt que de laisser couler une autre goutte d'encre
sur la page blanche.
Mais le répit jamais ne dure,
la maladie reprend,
maligne idée qui un jour s'empara à jamais de moi.
Il me faut des mots,
et pour cela je suis prêt au crime,
à n'importe quelle traîtrise,
cette soif a depuis bien longtemps
tari tout ce qu'il restait de morale dans mon cerveau malade,
tressautant d'une page à l'autre d'un énième livre
qui ne verrait pas le jour...
Faute de mots...
Faute de mots les carnets de notes griffonnés et les cahiers
s'entassent et servent à allumer ma cheminée
les sombres soirs d'hiver.
Faute de mots, papiers sans importance, sans vie,
langue qui se réfugie dans la conjugaison,
l'intellection qui ne dit plus rien que :
Faute de mots.
Le monde qui nous échappe,
les allées vides et tristes des villes,
en proie au demi-sommeil des rondes silencieuses
de la grande consommation.
Oh bien sûr il y a du bruit, bien autant que de papiers éventrés
gisent sur ma table, mais faute de mots
c'est le silence qui gorge les yeux des ombres longeuses de murs...
Faute de mots, les points-clignotant-couleurs
nous donnent le change, chaque soir les discussions du jour,
les grands débats et les odes aux divinités de l'écran.
faute de mots, ce sont leur paroles que nous répétons,
ces semblants de mots qui se sont accrochés à nos rétines.
faute de mots,
nous ne parlons pas le soir dans le métro,
peut-être même qu'un jour,
il sera impossible de dire à quelqu'un
que nous souffrons,
Faute de mots...
écrire contre le vide pour ne pas oublier...
Écrire, glaner sur la grève tranquille du matin
ce que le monde, océan de couleurs et de rencontres,
nous offre sans le dire,
son propre envers, ses mensonges et ses détours,
ses beautés simples, jamais que gonflées et inondées
de miel dans la bouche des poètes.
Il me faut des mots pour dire que je suis en vie...
pour sentir palpiter mon corps...
Il me faut des mots et je trouve cette idée ridicule,
tout ce que j'écris se répète et ne fait que s'encenser
d'un style haïssable, qui ne me ressemble pas...
C'est comme mon envers à moi aussi,
ce que je supporte le moins en moi...
le miroir des profondeurs où l'on s'abime,
Il n'y a que ça qui s'étale sur la page et qui m'assaille,
me saute au visage...
Pourtant, il me faut des mots,
toujours d'autres, encore d'autres ...
et même si en réalité ce ne sont jamais que les mêmes...
Il me faut des mots car il me faut vivre par ma langue,
et ma langue ne dit jamais deux fois le même mot.
Il me faut des mots même si je sais que de ma vie je n'en trouverai
peut être que deux ou trois...
Il me faut des mots,
c'est une maladie orpheline,
une obsession malsaine,
qui ne me quitte jamais...
Il y a bien des moments de répits,
quand une fois de trop la page continue de ne dire
que des lignes de style détestables,
de ces moments où je préfère trancher la paume de ma main
avec un tesson de bouteille
plutôt que de laisser couler une autre goutte d'encre
sur la page blanche.
Mais le répit jamais ne dure,
la maladie reprend,
maligne idée qui un jour s'empara à jamais de moi.
Il me faut des mots,
et pour cela je suis prêt au crime,
à n'importe quelle traîtrise,
cette soif a depuis bien longtemps
tari tout ce qu'il restait de morale dans mon cerveau malade,
tressautant d'une page à l'autre d'un énième livre
qui ne verrait pas le jour...
Faute de mots...
Faute de mots les carnets de notes griffonnés et les cahiers
s'entassent et servent à allumer ma cheminée
les sombres soirs d'hiver.
Faute de mots, papiers sans importance, sans vie,
langue qui se réfugie dans la conjugaison,
l'intellection qui ne dit plus rien que :
Faute de mots.
Le monde qui nous échappe,
les allées vides et tristes des villes,
en proie au demi-sommeil des rondes silencieuses
de la grande consommation.
Oh bien sûr il y a du bruit, bien autant que de papiers éventrés
gisent sur ma table, mais faute de mots
c'est le silence qui gorge les yeux des ombres longeuses de murs...
Faute de mots, les points-clignotant-couleurs
nous donnent le change, chaque soir les discussions du jour,
les grands débats et les odes aux divinités de l'écran.
faute de mots, ce sont leur paroles que nous répétons,
ces semblants de mots qui se sont accrochés à nos rétines.
faute de mots,
nous ne parlons pas le soir dans le métro,
peut-être même qu'un jour,
il sera impossible de dire à quelqu'un
que nous souffrons,
Faute de mots...
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