Il n'est pas inutile d'écrire que ce n'est qu'un voeu pieux, car mon oreille est terriblement spatialisante... Mais du moment que le plaisir y est, les lettres suivent !
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K.2 Initiation rebondie au soleil.Le tressautement ajouré d'un oiseau léger constitue une ouverture rebondie et riante. [10 secondes] Lui répond un balancement complexe, affolant de frivolité, qui épuise ses fragiles circonvolutions mélodiques, en une série de caquets de paisible contentement. [31 secondes] L'ensemble est ensuite repris trois fois en ne permettant que de subtiles variations.
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K.31 L'âme brûlante du guerrier émeraude. Une impulsion guerrière liminaire, toute dentelée de lames aiguisées, s'élance fougueusement en un affrontement dialogique aussi galbé que le danseur flamenco, hidalgo à la posture fière. [30 secondes] Ce n'était que le recueil intense de son âme avant une danse de fer : les tranchants à présent virevoltent entre les compagnons de mort, dont il emporte un premier tribut. [1 minute 7] Recueilli sur le sang versé, parle à nouveau son tranchant destructeur ; il inspire la terreur, et [1 minute 36], se riant des ennemis, vole fluidement entre eux, perçant çà et là, tel un souffle vengeur. L'ennemi vient à manquer, le guerrier reprend haleine un temps, mais enfonce avec fracas une troupe subitement aperçue. [1 m 54] Ne faisant plus qu'un avec la jouissance de détruire, il tourne sur lui-même, et, à présent gracieuse tornade d'acier, fend et rompt l'ennemi. [2 minutes 4] Pourtant, l'excellence du geste ne suffit pas : [2 minutes 16] son amie menacée appelle un nouvel élan, de fureur désespérée ; [2 minutes 52] la lame quoiqu'exaspérée trace en un pro-jet martial circulaire, voisinant le ciel, un chemin jusqu'à la dame aimée, défait de son aigu la menace et n'obtient en fin qu'une paix provisoire. [3 minutes 25] Reprise à l'identique du passage précédent.
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K.33 Florilège empressé de joie virgilienne : écoute de l'éveil de la Forêt. Evéillée par l'odorant et vert miel de Phoebus, la forêt s'éjouit du petit jour : les arbres en un large soupir de contentement raidissent leurs ramures ; et ses habitants ailés, frémis par cette re-naissance, gazouillent à l'unisson une salutation au soleil. [16 secondes] L'un d'entre eux, remarquable par ses moirures rouges, vertes et d'or, arbore maternellement les ailes, sautelant jusqu'à une éclaircie de branches qui lui façonnent une scène d'où il fait éclore, en son ineffable générosité, l'hymne de l'aurore. Cette vibration fondamentale s'élève par paliers, sur des marches solaires, vers un palais païen, verdurant temple de l'Un qui conserve délicatement le souffle de tout vivant et par lequel tout reçoit une gracieuse plénitude. [38 secondes] L'éveil est effectif et la contingence abat l'édifice, cristallin, de l'hymne : les oisillons de l'excellent ailé se réveillent, se bousculent et discordent de leurs gorges, une turbulence, qui brise la céleste harmonie hymnique. [56 secondes] Le père multicolore s'en revient au nid, donne du bec et rétablit un semblant d'ordre dans cette rébellion enfantine, finalement plus attendrissante qu'importune ; elle s'achève donc sur la plus douce des affections compréhensives. [1 minute et 8 secondes] Tout juste distrait par l'incident, l'être aux reflets ondoyants, prolongeant la réjouissance forestière, vocalise brièvement entre les branches, et, insatisfait de cette simple manifestation sonore qu'il juge inhabile à exprimer la plénitude d'être qui l'anime, cette fois prend son envol, se plaçant alors, en un jaillissement scintillant, au ciel, comme un foyer de feu resplendissant à l'égal de l'astre qui l'éclaire, et baisant de son regard affectueux la vivacité animée de sa terre natale. Posé paisiblement dans le ciel, avec le naturel d'un nuage rondelet, il aperçoit toutefois de quoi fendre cette paix, la scier à même l'âme : une cohorte de bûcherons a entamé l'exécution d'une injuste condamnation dans un affairement machinal à la lisière de la forêt. Ronronnent les scies et retentissent tristement les chocs mortels des hachures : c'en est trop pour ce chanteur ailé, qui prend subitement dégoût de la réalité, et de l'altitude, en détournant le regard, avide de la consolation esthétique que procure la vision de l'azur. [2 minutes et 18 secondes] Nouvellement juché en demeure altière, il préfère s'enivrer, bercé au sein des alizés tiédissant, de l'hydromel visuel de la blonde campagne qui, insouciante du drame de la lisière, paisiblement le subjugue. De là-haut, il assiste au re-couronnement coutumier de l'Apollon citharède des hêtres, sa forte et bruyante demeure terrestre, dont la fête symbolique et symbiotique, vitale et vivante, par un véritable envoûtement de sève, alors suscite l'enthousiasme de sa population aux pépiements graciles.[2 minutes 46] Mais les oisillons, taquins, malicieux, connaissent la parade et, loin du regard paternel, veulent parasiter la célébration : ils s'engouffrent énergiquement dans le cortège, bousculent les conducteurs, pépient à tue-tête et à contre-chant, puis finalement s'échappent dans un rire moqueur. [3 minutes] La céleste harmonie, en vertu du prince enciellé, reprend, aussi paisible qu'auparavant dans son bain de nuages et de candides bourrasques. [3 m 40] Que faire de ces mécaniques humains ? La menace est réelle, et pourtant sa résolution doit être remise à demain. Le monde dort au soleil.
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K.37 L'imminence sautillante et incertaine continuée de l'affrontement.Bien qu'étouffée par la houle, la clameur grandissante des "hourras !", éveille la nef, comme un oiseau qui s'ébroue : [7 secondes] les canonniers s'affairent et astiquent en rythme les pièces d'artillerie ; les soldats affûtent les sabres et se rangent sur le pont, avec une mâle soif d'affrontements. Ils trépignent, se lancent des défis [18 secondes] et leurs cœurs se chantent déjà en des circonvolutions flamboyantes les faits d'armes à venir. [27 secondes] La clameur se fait prochaine, à la mesure de l'accroissement de l'ardeur combattive, mais l'éloignement encore trop important de la nef ennemie les contraint aux fantasmes les plus séduisants d'une bataille rageuse où ils auraient le dessus ; tous fantasmes qu'ils sont, ils bruissent dans leurs âmes, en se frottant en saccades à la réalité - que la main droite exprime par ses tressautements aigus. [51 secondes] Dans l'attente de l'affrontement, sont alors les derniers cris animés des soldats, avant un relative accalmie, présanguinaire. [1 minute 7] Les canons parlent, en deux salves, pour évaluer l'ennemi. Les marins hors d'eux, fourmillent ; répondent intérieurement à l'appel guerrier de la nef toute proche, en se pressant au bord de rencontre. [1 m 27] Cette fois, c'est l'abordage : une pointe d'hommes fébriles perce le rang hostile et permet le déversement d'une masse de marins. Dégainés, les sabres dansent ; et parmi eux, un fier aguerri, dressé comme sa lame, se joue d'une troupe en tournoyant. Après cet habile carnage, ses compagnons achèvent de faire place nette, dans cette partie du bateau. [2 minutes 16] La rage se voit renouvelée, noircie, par la fureur du sang versé ; les coups se font plus pesants, la tornade de lame plus tranchante, et si le sabre épouse le ciel, ce n'est que pour trancherhttp://www.blogger.com/img/blank.gif plus profondément, sans appel, jusqu'au tournoiement ultime de rage ramassée. [3 minutes 14] L'ardeur de l'adversaire, pourtant, ne faiblit pas ; c'est toujours ce tranchant amer qui parle, blanchi par la triste écume et la sévérité du ciel. Y a-t-il gloire à tirer de l'humaine obstination, à combattre ?
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K.41 La boîte à musique des souvenirs est un destin de dentelles mélodique.Les premiers pas d'une gracieuse incertitude sentimentale [11 secondes] s'articulent comme les dents cristallines d'une boîte à musique ineffablement chère. La fugue mélodique n'est pas étrangère au mouvement des souvenirs qui valsent dans le cinéma intérieur de la remémoration. [35 secondes] Les souvenirs pèsent alors comme des engrenages. [44 secondes] En une légère soudaineté, une volte douce les élève et dissipe la pesanteur de l'incertitude. S'esquisse alors heureusement une temporaire résolution dans l'aigu : qu'importent les regrets, le devoir et les échecs, l'air gracile des hauteurs effile et épuise l'essoufflement de l'âme soucieuse. "Il est encore une raison d'être pour moi", songe souriant l'être affairé par ses pensées. Il se laisse porter vers l'hypothétique surgissement spontané de la solution à ses problèmes. [1 minute 48] Mais l'incertitude reprend, et ses délicates dentelures. Elles reviennent, sans réelle contrainte, le préoccuper. [2 minutes 20] La même volte qu'antérieurement désire de nouveau une solution, et pourtant, s'évanouit dans les hauteurs de la rêverie. [2 minutes 51] La déception de cette perte s'exprime par des traits durs du clavecin ; [2 minutes 58] et redonne néanmoins naissance au thème, qui apparaît complexifié, [3 minutes 11] empressé de rejoindre les hauteurs libératrices. Un évanouissement semblable au précédent mais allongé, comme rendu confus par l'incertitude ambiante, clôt une nouvelle fois l'élévation désirée. [4 minutes] De petits pas s'agencent comme de fragiles marches célestes, vers l'air salutaire. On voudrait y croire, porté par la brise amicale des hauteurs ; et pourtant, même dans une prison de cristal, il n'est pas d'évasion possible.
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K.124 Cristal de printemps.Un joyeux balancement s'ornemente librement, formant un collier mélodique de notes. Satisfaite de son entrée, la dame printanière prodigue, non sans un gai dansautement, et par poignées, ses dons candides de fleurs, et avec elles, sa matinée doucement parfumée. Arbres et fleurs des clairières envoûtés, se libèrent ; elle mène une révolution champêtre. Un doute assombrissant l’efface un temps, comme un présage de la menace possible d'un tel pouvoir, et se complexifie dans un second temps de manière à se conjuguer à la gaieté du balancement, dont elle n'était finalement que l'épice musicale en vue de la relever en sérieuse et mélodieuse conclusion. Sur ce, la dame esquisse de nouveau le joyeux balancement introductif, prodigue au long de son chemin fleurs et sourires, enthousiasme les âmes de la forêt. Est-elle néanmoins maîtresse de ses charmes ? Cette incertitude, bien que fardant l'aspect de la forêt, se fond dans la gaieté ambiante, en un chant ajouré de joie renouvelée. Toutefois, un doute, encore, un dernier, légèrement plus sombre, apparaît, de menace appuyée, comme la possibilité du renversement de ce monde insouciant. Son âme renaît pourtant de ses effluves les plus simples, dans une joie incontenable et incontestable. De là, ultimement, reprend le doute le plus sombre, auquel fait suite la résurrection du monde et son apothéose finale.
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K.143 Pour une danse candide et solaire.Le thème d'entrée est semblable à une chaîne de courts caquets rossignolesques ; il s'esquisse comme une danse exquise et gracieuse, véritable souffle de lumière vers un absolu doué d'amour. On demeure le temps d'une mélodie dans ses nuages sacrés et sucrés, car un trouble l'oblige à se complexifier en un petit refrain circulaire, duquel on descend par un escalier coloré aux saccades bien senties. Toujours forte d'un entrain dansant, la mélodie trouve brièvement une harmonieuse résolution. Renaît alors la chaîne liminaire des caquets, et l'enchaînement logique de la mélodie vers la même résolution. Le tout est interrompu par une complexification dubitative et quelque peu violente, qui se plaît étonnamment à retrouver le refrain circulaire et son joyeux escalier. Reprend alors la complexification qui vient d'être décrite et sa suite logique. Sans doute fallait-il toutes ces péripéties pour quérir la paix solaire de la fin.