Tu es la
terre où abordent mes navires égarés, rompus sur la grève
La flamme
qui les guide
Les rochers
qui les prennent
Les plages
blanches et vides
-Épouses de
leurs rêves
Où chutent
triomphalement les vagues, leurs fracas et leurs rires.
Tu es ma
terre, unique et promise
Je t’ai
travaillée, je t’ai cultivée
Tu restes
fière et sauvage
Lointaine,
en devenir
Je m’abîme
de toi, je m’use sur toi
Je meurs en
toi et à chaque fois
Tu cries
toutes les terres
Tu dis leurs
espoirs
Tu sens la terre -mêlée de fragrances sûres
Et parle la
langue du ruisseau atonal
Disert et
automnal
Le lait de
ton sein, le vin de ma vigne
S’unissent
et fermentent jusqu’à l’âpreté
Des sentiers
abandonnés, leur authenticité aussi
Tu échappes
à mes mains
Tu es le
vent
Et dans ta
fuite
Faite de
phrases fines, de souffles signifiants
Tu emportes
toujours quelque chose de moi,
Et il ne
me reste bientôt plus rien
Tes lèvres
ont le sang en marée
Et peinent à
le contenir
Oiseau
incertain
Je viens alors
m’y poser
Mais mes
mains sont un secours abstrait
Leurs lignes
n’ont qu’incongruité en partage
Je réclame
ton sourire à la nuit
Tes yeux et
leurs lumières
Les rires
sarcastiques de l’éternité seuls répondent,
Je cherche
en vain ta voix
Cette autre
lumière
Le tanin de
nos veines
La marbrure
de nos sèves précoces
Rien, seul le son froid du silence ricoche dans ces
vallées exilées
Où j’exhume
ton nom au comité végétal.
1 commentaire:
Belles lignes, écrites à un exquis goût de la tournure.
Cependant, elles me paraissent trop abstraites : belles pour ce qu'elles sont, une parure de mots, mais sans la chair d'un poète qui en fabriquerait l'unité par la restitution d'une intuition ou d'un souvenir.
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