mercredi 6 juin 2012

Terre lointaine


Tu es la terre où abordent mes navires égarés, rompus sur la grève
La flamme qui les guide
Les rochers qui les prennent
Les plages blanches et vides
-Épouses de leurs rêves
Où chutent triomphalement les vagues, leurs fracas et leurs rires.

Tu es ma terre, unique et promise
Je t’ai travaillée, je t’ai cultivée
Tu restes fière et sauvage
Lointaine, en devenir

Je m’abîme de toi, je m’use sur toi
Je meurs en toi et à chaque fois
Tu cries toutes les terres
Tu dis leurs espoirs

Tu sens la terre -mêlée de fragrances sûres
Et parle la langue du ruisseau atonal
Disert et automnal

Le lait de ton sein, le vin de ma vigne
S’unissent et fermentent jusqu’à l’âpreté
Des sentiers abandonnés, leur authenticité aussi

Tu échappes à mes mains
Tu es le vent
Et dans ta fuite
Faite de phrases fines, de souffles signifiants
Tu emportes toujours quelque chose de moi,
Et il ne me reste bientôt plus rien

Tes lèvres ont le sang en marée
Et peinent à le contenir
Oiseau incertain
Je viens alors m’y poser
Mais mes mains sont un secours abstrait
Leurs lignes n’ont qu’incongruité en partage

Je réclame ton sourire à la nuit
Tes yeux et leurs lumières
Les rires sarcastiques de l’éternité seuls répondent,
Je cherche en vain ta voix
Cette autre lumière
Le tanin de nos veines
La marbrure de nos sèves précoces
Rien, seul  le son froid du silence ricoche dans ces vallées exilées
Où j’exhume ton nom au comité végétal.

1 commentaire:

Robin Sandr a dit…

Belles lignes, écrites à un exquis goût de la tournure.
Cependant, elles me paraissent trop abstraites : belles pour ce qu'elles sont, une parure de mots, mais sans la chair d'un poète qui en fabriquerait l'unité par la restitution d'une intuition ou d'un souvenir.