Je ne vois rien,
Je veux simplement entendre le silence,
comprendre les conseils du vent sombre
qui font valser la plaine.
Montagne je ne demande rien,
ma marche est bien assez lente
pour que si vous vouliez m'offrir une phrase
vous puissiez toujours me rattraper.
Montagne je suis aveugle,
mes falaises me masque les ombres
qui s'étirent en fleuve en bas de mes hanches,
Montagne je ne rêve que d'un radeau,
de m'embarquer pour une longue traversée,
d'apercevoir au loin
une autre monstrueuse excroissance de terre
qui tranche l'horizon terne des répétitions.
Montagne je suis malade des villes
et de leur nuée de vitres et d'éther,
Montagne je songe et me torture
de l'âpreté des pavés réverbères
qui jalonnent mes rêves.
Montagne j'espère en l'autre,
ce passeur d'eau invisible et secret,
cette lueur tapie
là où on ne l'attend jamais,
Ce début de sourire
qui suffit à courber
le joug sombre et froid
des machines,
ces tentaculaires qui nous rendent à l'inertie,
à l'anonymat,
et aux tortures
des rondes automobiles.
Montagne je sème
des amandes
à chaque bourrasques de vent,
parole foen,
mistral de mot,
autan de féérie,
qui répandent une poussière
de cendre,
sur le front trop plat des villes,
recouvrant les symboles mortifères
de la Grande Publicité,
Montagne,
faisant taire
dans le recouvrement de mes crevasses
la voix amère de tous les biens pensants,
soldats silencieux
qui gomment avec méthode
toutes les nuances de ciel
naissant entre les briques serrées
de leur plafond toujours trop bas,
qui repeignent en blanc les temples
couverts du sang frais de leur proie commerciales,
qui érigent les antennes clignotantes
qui bombarderont sans fin
les foyers épuisés par le cycle incessant
des mécaniques bien réglées.
Soldats silencieux
ignorant les larmes
qui gonflent chaque soir les caniveaux
remplis des cotillons multicolores
de leur consommation.
Soldats haletant des masses assoiffées
par les désirs estampillés & Co. ,
frustrés battant sans cesse les grands claviers
de l'oracle mondial des vérités,
encostumés de l'uniforme
qui ne voient plus,
prisonniers des habitudes
et de l'indifférente immobilité,
les possibles infinis qui recouvrent le monde
à chaque bourrasque de vent,
qui n'entendent plus la voix de leur propre désir,
tous conspués pilule par dose télévisé,
ivres transistors emporté par la valse électron,
le visage écrasé
contre
l'écran clignotant point couleur
Montagne ils veulent me dévorer,
l'armée des bulldozers
égrène chaque jour mes contours,
Mais ils n'auront pas mon vent,
mon souffle amande
qui gonfle les voiles
du nautonier égaré,
et qui au loin fait perler l'espoir
d'une aurore.
Je veux simplement entendre le silence,
comprendre les conseils du vent sombre
qui font valser la plaine.
Montagne je ne demande rien,
ma marche est bien assez lente
pour que si vous vouliez m'offrir une phrase
vous puissiez toujours me rattraper.
Montagne je suis aveugle,
mes falaises me masque les ombres
qui s'étirent en fleuve en bas de mes hanches,
Montagne je ne rêve que d'un radeau,
de m'embarquer pour une longue traversée,
d'apercevoir au loin
une autre monstrueuse excroissance de terre
qui tranche l'horizon terne des répétitions.
Montagne je suis malade des villes
et de leur nuée de vitres et d'éther,
Montagne je songe et me torture
de l'âpreté des pavés réverbères
qui jalonnent mes rêves.
Montagne j'espère en l'autre,
ce passeur d'eau invisible et secret,
cette lueur tapie
là où on ne l'attend jamais,
Ce début de sourire
qui suffit à courber
le joug sombre et froid
des machines,
ces tentaculaires qui nous rendent à l'inertie,
à l'anonymat,
et aux tortures
des rondes automobiles.
Montagne je sème
des amandes
à chaque bourrasques de vent,
parole foen,
mistral de mot,
autan de féérie,
qui répandent une poussière
de cendre,
sur le front trop plat des villes,
recouvrant les symboles mortifères
de la Grande Publicité,
Montagne,
faisant taire
dans le recouvrement de mes crevasses
la voix amère de tous les biens pensants,
soldats silencieux
qui gomment avec méthode
toutes les nuances de ciel
naissant entre les briques serrées
de leur plafond toujours trop bas,
qui repeignent en blanc les temples
couverts du sang frais de leur proie commerciales,
qui érigent les antennes clignotantes
qui bombarderont sans fin
les foyers épuisés par le cycle incessant
des mécaniques bien réglées.
Soldats silencieux
ignorant les larmes
qui gonflent chaque soir les caniveaux
remplis des cotillons multicolores
de leur consommation.
Soldats haletant des masses assoiffées
par les désirs estampillés & Co. ,
frustrés battant sans cesse les grands claviers
de l'oracle mondial des vérités,
encostumés de l'uniforme
qui ne voient plus,
prisonniers des habitudes
et de l'indifférente immobilité,
les possibles infinis qui recouvrent le monde
à chaque bourrasque de vent,
qui n'entendent plus la voix de leur propre désir,
tous conspués pilule par dose télévisé,
ivres transistors emporté par la valse électron,
le visage écrasé
contre
l'écran clignotant point couleur
Montagne ils veulent me dévorer,
l'armée des bulldozers
égrène chaque jour mes contours,
Mais ils n'auront pas mon vent,
mon souffle amande
qui gonfle les voiles
du nautonier égaré,
et qui au loin fait perler l'espoir
d'une aurore.