un quelconque message
blotti dans une bouteille roulée par les flots.
Une plage peut-être où s'échouer,
un havre, une halte,
sur laquelle te rencontrer,
te tendre la main et te dire :
Ami,
il ne reste que toi et moi.
Et puis repartir roulé dans le creux d'une bouteille,
voyagé par l'écume bleue minuit,
loin des horloges et des grincements de scie ;
balloté jusqu'à la prochaine île,
roulé dans le fond d'une bouteille,
message dans l'attente d'un regard,
d'un œil épris de liberté, vagabond,
seul détenteur de Sésame.
Message raturant sans cesse ses lignes,
message de rencontre et de détours
cherchant dans l'amas des tâches d'encre,
une image, un mystère,
pour se sentir vivre dans ton regard.
Car il ne reste que toi et moi,
et moi n'est qu'un message, une page,
triturée, froissée, roulée au fond d'une bouteille,
et toi une ombre, une promesse, un rêve,
toi qui découvre dans la constellations des écritures
ce visage que je peux aimer,
Cet instantané qui retient le flot permanent des apparences,
où je ne suis plus seul,
car restent toi et moi,
Toi, étonné par la force de ton imagination,
Moi, se saisissant dans ton regard distrait
par la suite de lignes étranges et silencieuses.
Le message n'a qu'une parole faible, à peine prononcée,
un murmure qui s'achemine sur la page blanche
comme un blessé se traînant au retour d'une guerre.
Amputé par les traits acerbes
de la répétition normalisée des images-soleil,
déchiré par les dents mécaniques des chaînes de montage,
étouffé dans les noires trainées des fourneaux fondeurs de terre,
Message rempli d'échos,
D'écho fusillés au petit matin des longs mois d'hiver,
Échos lapidé par vengeance publique d'états totalitaires,
Échos brûlés par les bombardements quotidiens des ondes et des antennes,
vitriolés, défigurés, imputés, tranchés,
violés, battus, saignés,
Échos de toutes ces images que je retourne encore et encore,
les yeux gorgés de silence,
ici,
où ne restent que toi et moi,
avant que le flot ne m'emporte à nouveau,
sinueuses trainées d'une plume
obstruant peu à peu l'horizon de la page.
J'attends,
simple message,
que quelqu'un déroule mon regard.
blotti dans une bouteille roulée par les flots.
Une plage peut-être où s'échouer,
un havre, une halte,
sur laquelle te rencontrer,
te tendre la main et te dire :
Ami,
il ne reste que toi et moi.
Et puis repartir roulé dans le creux d'une bouteille,
voyagé par l'écume bleue minuit,
loin des horloges et des grincements de scie ;
balloté jusqu'à la prochaine île,
roulé dans le fond d'une bouteille,
message dans l'attente d'un regard,
d'un œil épris de liberté, vagabond,
seul détenteur de Sésame.
Message raturant sans cesse ses lignes,
message de rencontre et de détours
cherchant dans l'amas des tâches d'encre,
une image, un mystère,
pour se sentir vivre dans ton regard.
Car il ne reste que toi et moi,
et moi n'est qu'un message, une page,
triturée, froissée, roulée au fond d'une bouteille,
et toi une ombre, une promesse, un rêve,
toi qui découvre dans la constellations des écritures
ce visage que je peux aimer,
Cet instantané qui retient le flot permanent des apparences,
où je ne suis plus seul,
car restent toi et moi,
Toi, étonné par la force de ton imagination,
Moi, se saisissant dans ton regard distrait
par la suite de lignes étranges et silencieuses.
Le message n'a qu'une parole faible, à peine prononcée,
un murmure qui s'achemine sur la page blanche
comme un blessé se traînant au retour d'une guerre.
Amputé par les traits acerbes
de la répétition normalisée des images-soleil,
déchiré par les dents mécaniques des chaînes de montage,
étouffé dans les noires trainées des fourneaux fondeurs de terre,
Message rempli d'échos,
D'écho fusillés au petit matin des longs mois d'hiver,
Échos lapidé par vengeance publique d'états totalitaires,
Échos brûlés par les bombardements quotidiens des ondes et des antennes,
vitriolés, défigurés, imputés, tranchés,
violés, battus, saignés,
Échos de toutes ces images que je retourne encore et encore,
les yeux gorgés de silence,
ici,
où ne restent que toi et moi,
avant que le flot ne m'emporte à nouveau,
sinueuses trainées d'une plume
obstruant peu à peu l'horizon de la page.
J'attends,
simple message,
que quelqu'un déroule mon regard.