Lutter contre le sommeil,
les paupières lourdes sont des rideaux de fer.
Ce soir je refuse de les abaisser,
ce soir je me rêve horlogicide.
Le corps tendu, mes bras que je fais traverser par des spasmes
m'emportent loin des douceurs de la nuit.
Le temps se suspend, refus du cycle normal des répétitions.
Il n'y aura pas de sommeil cette nuit,
Cette nuit est mienne.
J'emporte ce carnet et parcours les rues endormies au hasard de l'errance,
Je croise quelques exilés du sommeil comme moi,
Ombres longeuses de murs,
collectionneurs d'images laissées dans le halo silencieux des réverbères.
Nous nous rencontrons,
nous ne parlons plus,
nous sommes du langage des affranchis de l'horloge,
résistants noctambules,
insomniaques volontaires,
errants dans les rues délaissées par les foules du soleil.
A la fin des détours et des rencontres de silence,
les yeux gorgés de visages étranges et amicaux,
Je ramène dans ma petite chambre
quelques sens à panser,
quelques miettes, débris et autres coquilles de noix
ramassés sur le bas côté des routes bitumées.
Je les couche sous quelques feuilles de papier blanc,
les arrose patiemment avec un peu d'encre,
leur fait prendre l'air sur le rebord de ma fenêtre,
et attends, sans précipitation aucune,
qu'un jour ils s'envolent dans le regard affamé
de quelqu'un qui voudra bien les emporter loin de ces barres d'immeubles,
les fera passer de l'autre côté des villes,
là où ils seront enfin libres,
Eux aussi enfin soulagés des affres de l'horloge.
dimanche 16 janvier 2011
Absence prolongée
Il me faut des mots,
écrire contre le vide pour ne pas oublier...
Écrire, glaner sur la grève tranquille du matin
ce que le monde, océan de couleurs et de rencontres,
nous offre sans le dire,
son propre envers, ses mensonges et ses détours,
ses beautés simples, jamais que gonflées et inondées
de miel dans la bouche des poètes.
Il me faut des mots pour dire que je suis en vie...
pour sentir palpiter mon corps...
Il me faut des mots et je trouve cette idée ridicule,
tout ce que j'écris se répète et ne fait que s'encenser
d'un style haïssable, qui ne me ressemble pas...
C'est comme mon envers à moi aussi,
ce que je supporte le moins en moi...
le miroir des profondeurs où l'on s'abime,
Il n'y a que ça qui s'étale sur la page et qui m'assaille,
me saute au visage...
Pourtant, il me faut des mots,
toujours d'autres, encore d'autres ...
et même si en réalité ce ne sont jamais que les mêmes...
Il me faut des mots car il me faut vivre par ma langue,
et ma langue ne dit jamais deux fois le même mot.
Il me faut des mots même si je sais que de ma vie je n'en trouverai
peut être que deux ou trois...
Il me faut des mots,
c'est une maladie orpheline,
une obsession malsaine,
qui ne me quitte jamais...
Il y a bien des moments de répits,
quand une fois de trop la page continue de ne dire
que des lignes de style détestables,
de ces moments où je préfère trancher la paume de ma main
avec un tesson de bouteille
plutôt que de laisser couler une autre goutte d'encre
sur la page blanche.
Mais le répit jamais ne dure,
la maladie reprend,
maligne idée qui un jour s'empara à jamais de moi.
Il me faut des mots,
et pour cela je suis prêt au crime,
à n'importe quelle traîtrise,
cette soif a depuis bien longtemps
tari tout ce qu'il restait de morale dans mon cerveau malade,
tressautant d'une page à l'autre d'un énième livre
qui ne verrait pas le jour...
Faute de mots...
Faute de mots les carnets de notes griffonnés et les cahiers
s'entassent et servent à allumer ma cheminée
les sombres soirs d'hiver.
Faute de mots, papiers sans importance, sans vie,
langue qui se réfugie dans la conjugaison,
l'intellection qui ne dit plus rien que :
Faute de mots.
Le monde qui nous échappe,
les allées vides et tristes des villes,
en proie au demi-sommeil des rondes silencieuses
de la grande consommation.
Oh bien sûr il y a du bruit, bien autant que de papiers éventrés
gisent sur ma table, mais faute de mots
c'est le silence qui gorge les yeux des ombres longeuses de murs...
Faute de mots, les points-clignotant-couleurs
nous donnent le change, chaque soir les discussions du jour,
les grands débats et les odes aux divinités de l'écran.
faute de mots, ce sont leur paroles que nous répétons,
ces semblants de mots qui se sont accrochés à nos rétines.
faute de mots,
nous ne parlons pas le soir dans le métro,
peut-être même qu'un jour,
il sera impossible de dire à quelqu'un
que nous souffrons,
Faute de mots...
écrire contre le vide pour ne pas oublier...
Écrire, glaner sur la grève tranquille du matin
ce que le monde, océan de couleurs et de rencontres,
nous offre sans le dire,
son propre envers, ses mensonges et ses détours,
ses beautés simples, jamais que gonflées et inondées
de miel dans la bouche des poètes.
Il me faut des mots pour dire que je suis en vie...
pour sentir palpiter mon corps...
Il me faut des mots et je trouve cette idée ridicule,
tout ce que j'écris se répète et ne fait que s'encenser
d'un style haïssable, qui ne me ressemble pas...
C'est comme mon envers à moi aussi,
ce que je supporte le moins en moi...
le miroir des profondeurs où l'on s'abime,
Il n'y a que ça qui s'étale sur la page et qui m'assaille,
me saute au visage...
Pourtant, il me faut des mots,
toujours d'autres, encore d'autres ...
et même si en réalité ce ne sont jamais que les mêmes...
Il me faut des mots car il me faut vivre par ma langue,
et ma langue ne dit jamais deux fois le même mot.
Il me faut des mots même si je sais que de ma vie je n'en trouverai
peut être que deux ou trois...
Il me faut des mots,
c'est une maladie orpheline,
une obsession malsaine,
qui ne me quitte jamais...
Il y a bien des moments de répits,
quand une fois de trop la page continue de ne dire
que des lignes de style détestables,
de ces moments où je préfère trancher la paume de ma main
avec un tesson de bouteille
plutôt que de laisser couler une autre goutte d'encre
sur la page blanche.
Mais le répit jamais ne dure,
la maladie reprend,
maligne idée qui un jour s'empara à jamais de moi.
Il me faut des mots,
et pour cela je suis prêt au crime,
à n'importe quelle traîtrise,
cette soif a depuis bien longtemps
tari tout ce qu'il restait de morale dans mon cerveau malade,
tressautant d'une page à l'autre d'un énième livre
qui ne verrait pas le jour...
Faute de mots...
Faute de mots les carnets de notes griffonnés et les cahiers
s'entassent et servent à allumer ma cheminée
les sombres soirs d'hiver.
Faute de mots, papiers sans importance, sans vie,
langue qui se réfugie dans la conjugaison,
l'intellection qui ne dit plus rien que :
Faute de mots.
Le monde qui nous échappe,
les allées vides et tristes des villes,
en proie au demi-sommeil des rondes silencieuses
de la grande consommation.
Oh bien sûr il y a du bruit, bien autant que de papiers éventrés
gisent sur ma table, mais faute de mots
c'est le silence qui gorge les yeux des ombres longeuses de murs...
Faute de mots, les points-clignotant-couleurs
nous donnent le change, chaque soir les discussions du jour,
les grands débats et les odes aux divinités de l'écran.
faute de mots, ce sont leur paroles que nous répétons,
ces semblants de mots qui se sont accrochés à nos rétines.
faute de mots,
nous ne parlons pas le soir dans le métro,
peut-être même qu'un jour,
il sera impossible de dire à quelqu'un
que nous souffrons,
Faute de mots...
mardi 10 août 2010
Les plis de la tente
Lisons dans les plis de la toile de la tente, les sinueux replis de son histoire. Pour ce faire, je vous invite à les agiter de votre souffle, pour la faire parcourir de nouveau les cieux qu’elle a connus.
Nous partons donc avec elle à la tombée de la nuit et voguons par-dessus une mer de sable. Portée par le vent chargé de sable, nimbée par la brume brune qu’il forme, elle s’ensable devant une petite oasis, perdue dans l’immensité d’un désert. Nathan en sort assoiffé et curieux ; il se jette sans retenue dans l’abreuvoir naturel. Un grand serpent bleu apparu sur une berge, quelque peu choqué par l’ avidité de ce buveur, l’interpelle : « Avec quel empressement tu avales cette eau ! La mérites-tu, la connais-tu vraiment ?
- Je ne sais... Comment puis-je te le prouver ?
- Imite-la. Epouse ses courbes et sa souplesse incomparable. Fais-toi plus liquide que l’eau elle-même. »
Nathan tente d’onduler du corps, mais il n’est pas à l’aise avec la danse. Alors le serpent : « Tsss. Concentre-toi, fais-toi goutte, ruisseau, rosée, vague dans l’onde. » Alors l’apprenti danseur se fait goutte, ruisseau, rosée, vague dans l’onde. Les nuées au loin s’amassent ; le vent s’époumone et répand la pluie sur l’étendue désertique. Le serpent, tout frémissant de joie, se dresse et fixe un instant de ces yeux d’or l’enfant, et d’une ondulation, disparaît. Demeure seulement de lui une goutte d’un bleu turquoise profond et à la rondeur exquise. Elle est grosse comme la main de Nathan, et visqueuse, déverse sans fin du liquide. Il n’a pas été attentif à la spirale géante qu’a formée un serpent vert, qui, s’étant étendu depuis l’oasis, a mué en forêt dense et profonde. Lorsqu’il lève les yeux, Nathan est surpris de ne plus voir le désert. Il aimerait connaître l’origine et la nature cette goutte ; il envisage d’interroger le serpent bleu et commence à parcourir la forêt. Il est charmé par la végétation luxuriante et les papillons multicolores. L’un d’entre eux le fascine, il le suit respectueusement, tandis qu’un grand serpent rouge se met à suivre le suiveur du papillon. L’animal recouvert d’écailles, appâté par la chair apparemment tendre du jeune, dégueule sa langue de flamme pour le déguster. Nathan esquive, et le serpent déçu mue en dragon rouge avec dents vertes et lèvres jaunes, et avec des ailes rouges et jaunes. Face à l’haleine et la fureur du dragon, Nathan se réfugie derrière une souche, aussitôt broyée ; de souches en souches, se recroqueville sous un rocher, à l’abri de la tempête de feu. De désespoir et un peu par hasard, il sert fort la goutte visqueuse. Les nuages apparaissent, noirs et lourds. La pluie est plus nourrie que lors de la danse. Le soleil reparaît bien plus tard, et plus tard encore Nathan se relève. Il se trouve dans une clairière de bois dévasté et aperçoit au milieu des souches ce qui ressemble à une pierre ardente comme un rubis de feu. C’est en effet un pierre au feu incessant, mais qui ne brûle pas son porteur. Il la recueille délicatement, et remonte dans la tente, il ne souhaite pas rester dans la zone. Mais la tente a été déchirée à plusieurs endroits, et ne se gonfle plus avec le vent. Soufflons tous pour aider Nathan à repartir. Rien n’y fait : la tente ne se gonfle pas assez pour abandonner le sol. Nathan quitte la tente, triste et s’assoit la tête entre les mains dans la clairière morte. Pourquoi est-il là ? pourquoi ces pierres ? Il pleure sur la goutte ; derrière lui, s’amasse un nuage bruissant de libellules. Une libellule plus colorée s’en détache et prend la parole : « Que t’arrive-t-il mon petit ? Nous avons assisté à une explosion de feu et d’éclair par ici. Et cette clairière...
- Je suis loin de tout, et ma tente ne vole plus, par l’effet de cette goutte magique.
- Il te faudrait faire appel aux vents. Domptés, ils gonfleront aisément les voiles de ta tente.
- Mais comment ?
- En récupérant le cristal des airs.
- Et comment ?
- Mmh. » Les libellules bourdonnent.
« Il va falloir interroger le mage blanc. Il est au fait de ses choses. » L’essaim, avec sa reine en tête, recouvre la tente, qui commence à quitter le sol. Nathan, surpris, s’engouffre de justesse dans l’engin nouvellement volant.
Le voyage aérien s’achève dans une montagne d’aspect lunaire, faite de rocailles bleu nuit, sur laquelle se détache une tour blanchâtre. La tente atterrit à son pied. Nathan s’attarde sur les inscriptions runiques en fer forgé des deux grandes portes d’entrée. Il pénètre dans la tour et doit gravir un escalier qui lui paraît sans fin. Les murs sont recouverts de livres poussiéreux. Une heure ou deux plus tard, une porte taillée dans la paroi de livres grince. Un chien robuste, à la longue barbe grise et habillé d’une toge de mage blanche, en sort et parle ainsi : « Je sais ce qui t’amène, mon enfant ; mais seras-tu assez courageux pour arracher l’outre des vents ?
- Je… Euh.
- Elle se trouve à l’Est, au-delà de la source à l’eau claire. Il te faudra affronter les vents déchaînés sur le plus haut sommet de la chaîne. Heureusement, tu es venu avec mes amies libellules et elles te seconderont dans les épreuves qui t’attendent. Voici un appeau qui te permettra de les guider si tu es dans le danger. »
Nathan remercie le mage pour les conseils et les vivres qu’ils lui donnent et presse le pas vers la source à l’eau claire. Il marche sur une terre tellement sombre et désertique qu’on ne sait s’il fait jour ou nuit. Au loin un bosquet qui diffuse faiblement une lumière blanchâtre, attire son attention : il lui rappelle la tour. Il se souvient qu’il est en possession de l’essence de feu et la prend en main pour éclairer la terre aride qui l’environne. L’essence flamboyante fait mieux, elle colore la terre en un orange chaleureux, qui raffermit la détermination de Nathan. Il s’approche ainsi de la source, émerveillé, et trébuche sur une racine. Une grenouille gobe la flamme éternelle et disparaît dans l’étang de la source. Nathan inquiet regarde dans l’eau, et aperçoit brièvement la grenouille grossie et rougie. Toujours inquiet, il demeure à regarder, mais sans succès. L’étang se met à faire des bulles, beaucoup de bulles. Une énorme grenouille, zébrée de rouge, en sort. Elle est grande de deux mètres et possède des dents bien tranchantes. Elle lance sa langue en direction de Nathan, libérant son haleine de soufre. Elle ne fait que trancher un tronc, car Nathan s’est jeté à terre, où il siffle de l’appeau. Les libellules vrombissent en masse. Il frotte fort la goutte, en esquivant de justesse le nouveau lancer de lasso de la grenouille, qui ne fait qu’emporter une poignée de libellules. Les nuages au-dessus d’eux s’assemblent lentement, faisant le sol sombre, sur lequel Nathan vient de se voir attrapé. Bien que les libellules aient essayé de brouiller la vue de la grenouille, la jambe de Nathan est tenue par la langue, et la grenouille le traîne jusqu’à sa gueule ; c’en est bientôt fini de lui. De désespoir, il empoigne plus fort encore la goutte, l’agite vivement contre la grenouille. Un jet d’eau jaillit de sa main, tandis qu’il se rapproche dangereusement de la gueule. Ayant retrouvé espoir, il tend vigoureusement la goutte vers ce caveau fétide, si fort qu’elle y déverse une formidable vague qui le submerge de l’intérieur. Sous la pluie torrentielle, elle rapetisse à vue d’œil en recrachant l’essence flamboyante. « Ca t’apprendra ! », s’exclame-t-il, ayant retrouvé le sourire. Nathan a compris qu’il peut désormais lancer de l’eau. Il range l’essence dans son sac.
Nathan commence à entamer le chemin, mais se ravise : et si cette source avait des vertus magiques, après tout c’est la source à l’eau claire. Par curiosité il jette la grosse goutte dans l’étang de la source. L’eau irradiant de blanc se teinte d’un turquoise profond et s’anime de remous, puis se couvre d’écailles. Elle forme la spirale d’un serpent aux yeux d’or. Le serpent bleu parle alors à Nathan : « Merci, me voici revigoré, Nathan. Mon pouvoir n’est en effet pas illimité, et était sur le point de s’épuiser. Prends soin à l’avenir de recourir à mes pouvoirs avec parcimonie ; tes excès pourraient me faire disparaître… » Nathan, riche de cet enseignement, reprend la route, bien résolu à faire un usage raisonnable des pouvoirs en sa possession. C’est une manière pour lui de se souvenir des libellules disparues dans la gueule de la grenouille.
Le chemin serpente, dans une vallée étroite. Le vent souffle et siffle à foison. Nathan s’arrête pour reprendre son souffle. Il songe : c’est sans doute le feu qui l’aidera à dompter les vents ; les libellules ne seront une fois de plus que de peu d’utilité… Et Nathan n’attend pas, reprend le chemin et arrive à un col très étroit, rappelant un lit de rivière asséché, surplombé de branches mortes. Le lieu est lugubre. Des chauves-souris volettent au-dessus de lui ; des bourrasques le repoussent. Il décide de sortir l’essence flamboyante. De sa main coule une vive traînée de feu, derrière lui. Ainsi s’éclaire la tranchée rocailleuse, et la chaleur amie le réconforte. Il progresse lentement, jusqu’à une sortie en plein air. Un vautour est perché sur une branche ; il ricane à sa vue et le toise froidement. Nathan hésite à faire parler le feu ; il décide de forcer le passage tête baissée. « Attends ! Que viens-tu faire par ici ?
- Je viens chercher l’outre des vents.
- Tu es bien téméraire. Tu sais, j’en ai rongé des cadavres au bord de ce chemin… »
Nathan est intimidé par les yeux du vautour, mais il tend devant lui l’essence flamboyante : « Le feu m’accompagne ! » Et Nathan n’attend pas, et affermit le pas vers le sombre pic houleux qui le surplombe. Le vent tourne sans cesse, il est obligé de progresser en rampant. Ce sont deux heures d’effort, de petits gains remportés des pieds et des mains. Mais il dérape, et glisse d’un mètre : il a manqué de peu de dévaler la pente. Il reprend l’ascension, un plateau ne semble qu’à une dizaine de mètres au-dessus de lui. Mais cette fois il perd tous ses appuis, et chute dans la pierraille. Ce temps de l’abandon, face à la mort imminente, lui semble long : il pense à sa tente et à sa terre natale quittée pour le voyage. Il pense une nouvelle fois aux vertus de l’essence flamboyante, dont il s’empare pour la tendre vers son lieu de chute. De toute sa volonté, il en tire une tornade de feu qui le propulse comme une fusée en sens inverse, et qui lui permet d’atteindre une racine dépassant du plateau désiré. Il s’y accroche et peut de nouveau reposer et se reposer sur ses deux jambes : il l’a bien mérité. Là-haut donc, une sorte de couloir crachant moult vents paraît conduire à une grotte. Malgré les hurlements venteux, Nathan croit bien entendre un ronflement rauque ; et sent une odeur de soufre. Il se tient sur ses gardes. Il parcourt un virage à droite puis un virage à gauche, et parvient à une grande cave naturelle, où demeure l’âtre des vents. Mais comme il s’en doutait, il n’est pas seul : une grosse chauve-souris-vautour vient de se réveiller. Elle est recouverte d’une toison orange et violette. De ses grandes griffes, la CSV tente de déchirer l’intrus, mais ne fait que fendre un couple de rochers. Nathan, vif, esquive et lance une salve brûlante, qui contraint la CSV à se protéger. Nathan en profite pour lancer une salve plus puissante, en vain. La CSV enragée se jette sur Nathan, mais ce dernier est décidé à en découdre à l’aide d’une belle boule de feu. La CSV a l’aile brûlée, elle hurle de douleur, et de rage de ne plus pouvoir voler. L’essence flamboyante a cependant faibli de puissance. Face à la vorace CSV, Nathan peut tout juste opposer un jet brûlant avec lequel il atteint son visage, ce qui ne fait que l’aveugler. Désirant avoir le champ libre pour l’outre des vents, Nathan sort sa goutte et projette une vague fort puissante dans sa gueule. Ainsi elle est neutralisée. Alors les vents, désormais sans maître, se déchaînent. Pas de répit pour Nathan : il est projeté en arrière, et se cogne le dos au premier virage. Il s’adosse à la paroi, s’appuie des jambes, tend son corps contre la source des vents. Il nourrit amplement un jet d’eau en sa direction. L’eau lancée est torsadée par le vent, une pluie mousseuse en naît ; Nathan se protège les yeux, de plus en plus faible physiquement, mais résolu à ne pas céder face à l’élément aérien : il sait ce que lui a coûté d’être ici et il compte bien ne pas être délogé. Il ne sait lui-même où il trouve la force de ce dernier affrontement. De sa main gauche, il garde contre sa poitrine la faiblissante essence de feu, qui, par l’effet des rafales, l’auréole de feu. Tendu du plus qu’il peut, et courbé face à la source des vents, il progresse à petits pas avec la torsade géante surgissant de sa main droite. Il doit encore emprunter le virage à gauche et traverser l’intérieur de la grotte jusqu’à l’âtre. Il songe que la force va lui manquer. « Serpent de l’onde, je ne vaincrai pas sans ton aide. » Et son esprit se concentre sur l’image du reptile bleu. « Porte-moi de toutes tes forces. Accorde-moi d’être l’eau dompteuse des vents ! » L’eau torsadée se couvre d’écailles et accentue sa torsade. Nathan s’y fond, tandis que le jet serpentant, malmené par le vent, dispersé de toutes parts, croît vers l’âtre des vents. Il parvient jusqu’à l’entrée de la cave ; l’écume habite l’air, l’eau rayonne de turquoise et ses reflets colorent les parois. La colonne d’eau forcit, les yeux d’or apparaissent et percent de lumière les bourrasques. Elle rogne peu à peu la distance jusqu’à l’âtre, dans un feu d’artifices aqueux. Comme un serpent de mer face à un griffon, la colonne se tord dans tous les sens pour parer les coups et mordre au cou son adversaire, le tout avec une vivacité sans borne. Un dernier effort de volonté de Nathan : il crie si fort qu’il porte momentanément la voix des profondeurs. La colonne se renforce une dernière fois et trace violemment, déchirant l’air, un chemin jusqu’à l’âtre, où elle se concentre pour encercler l’outre. Aussitôt la colonne disparaît et Nathan reparaît l’outre dans les mains. L’endroit est désormais paisible ; Nathan s’allonge, harassé, et dévore son en-cas. Il sort ensuite de la grotte, et descend du plateau avec prudence. Après somme toute une petite promenade, il gagne la source à l’eau claire, où il laisse reposer la goutte. Il a pris soin de ramasser des branches et attise un foyer pour accueillir l’essence flamboyante. Mais il ne s’attarde que le temps nécessaire et rejoint vite le chemin de la tour du mage.
Nous partons donc avec elle à la tombée de la nuit et voguons par-dessus une mer de sable. Portée par le vent chargé de sable, nimbée par la brume brune qu’il forme, elle s’ensable devant une petite oasis, perdue dans l’immensité d’un désert. Nathan en sort assoiffé et curieux ; il se jette sans retenue dans l’abreuvoir naturel. Un grand serpent bleu apparu sur une berge, quelque peu choqué par l’ avidité de ce buveur, l’interpelle : « Avec quel empressement tu avales cette eau ! La mérites-tu, la connais-tu vraiment ?
- Je ne sais... Comment puis-je te le prouver ?
- Imite-la. Epouse ses courbes et sa souplesse incomparable. Fais-toi plus liquide que l’eau elle-même. »
Nathan tente d’onduler du corps, mais il n’est pas à l’aise avec la danse. Alors le serpent : « Tsss. Concentre-toi, fais-toi goutte, ruisseau, rosée, vague dans l’onde. » Alors l’apprenti danseur se fait goutte, ruisseau, rosée, vague dans l’onde. Les nuées au loin s’amassent ; le vent s’époumone et répand la pluie sur l’étendue désertique. Le serpent, tout frémissant de joie, se dresse et fixe un instant de ces yeux d’or l’enfant, et d’une ondulation, disparaît. Demeure seulement de lui une goutte d’un bleu turquoise profond et à la rondeur exquise. Elle est grosse comme la main de Nathan, et visqueuse, déverse sans fin du liquide. Il n’a pas été attentif à la spirale géante qu’a formée un serpent vert, qui, s’étant étendu depuis l’oasis, a mué en forêt dense et profonde. Lorsqu’il lève les yeux, Nathan est surpris de ne plus voir le désert. Il aimerait connaître l’origine et la nature cette goutte ; il envisage d’interroger le serpent bleu et commence à parcourir la forêt. Il est charmé par la végétation luxuriante et les papillons multicolores. L’un d’entre eux le fascine, il le suit respectueusement, tandis qu’un grand serpent rouge se met à suivre le suiveur du papillon. L’animal recouvert d’écailles, appâté par la chair apparemment tendre du jeune, dégueule sa langue de flamme pour le déguster. Nathan esquive, et le serpent déçu mue en dragon rouge avec dents vertes et lèvres jaunes, et avec des ailes rouges et jaunes. Face à l’haleine et la fureur du dragon, Nathan se réfugie derrière une souche, aussitôt broyée ; de souches en souches, se recroqueville sous un rocher, à l’abri de la tempête de feu. De désespoir et un peu par hasard, il sert fort la goutte visqueuse. Les nuages apparaissent, noirs et lourds. La pluie est plus nourrie que lors de la danse. Le soleil reparaît bien plus tard, et plus tard encore Nathan se relève. Il se trouve dans une clairière de bois dévasté et aperçoit au milieu des souches ce qui ressemble à une pierre ardente comme un rubis de feu. C’est en effet un pierre au feu incessant, mais qui ne brûle pas son porteur. Il la recueille délicatement, et remonte dans la tente, il ne souhaite pas rester dans la zone. Mais la tente a été déchirée à plusieurs endroits, et ne se gonfle plus avec le vent. Soufflons tous pour aider Nathan à repartir. Rien n’y fait : la tente ne se gonfle pas assez pour abandonner le sol. Nathan quitte la tente, triste et s’assoit la tête entre les mains dans la clairière morte. Pourquoi est-il là ? pourquoi ces pierres ? Il pleure sur la goutte ; derrière lui, s’amasse un nuage bruissant de libellules. Une libellule plus colorée s’en détache et prend la parole : « Que t’arrive-t-il mon petit ? Nous avons assisté à une explosion de feu et d’éclair par ici. Et cette clairière...
- Je suis loin de tout, et ma tente ne vole plus, par l’effet de cette goutte magique.
- Il te faudrait faire appel aux vents. Domptés, ils gonfleront aisément les voiles de ta tente.
- Mais comment ?
- En récupérant le cristal des airs.
- Et comment ?
- Mmh. » Les libellules bourdonnent.
« Il va falloir interroger le mage blanc. Il est au fait de ses choses. » L’essaim, avec sa reine en tête, recouvre la tente, qui commence à quitter le sol. Nathan, surpris, s’engouffre de justesse dans l’engin nouvellement volant.
Le voyage aérien s’achève dans une montagne d’aspect lunaire, faite de rocailles bleu nuit, sur laquelle se détache une tour blanchâtre. La tente atterrit à son pied. Nathan s’attarde sur les inscriptions runiques en fer forgé des deux grandes portes d’entrée. Il pénètre dans la tour et doit gravir un escalier qui lui paraît sans fin. Les murs sont recouverts de livres poussiéreux. Une heure ou deux plus tard, une porte taillée dans la paroi de livres grince. Un chien robuste, à la longue barbe grise et habillé d’une toge de mage blanche, en sort et parle ainsi : « Je sais ce qui t’amène, mon enfant ; mais seras-tu assez courageux pour arracher l’outre des vents ?
- Je… Euh.
- Elle se trouve à l’Est, au-delà de la source à l’eau claire. Il te faudra affronter les vents déchaînés sur le plus haut sommet de la chaîne. Heureusement, tu es venu avec mes amies libellules et elles te seconderont dans les épreuves qui t’attendent. Voici un appeau qui te permettra de les guider si tu es dans le danger. »
Nathan remercie le mage pour les conseils et les vivres qu’ils lui donnent et presse le pas vers la source à l’eau claire. Il marche sur une terre tellement sombre et désertique qu’on ne sait s’il fait jour ou nuit. Au loin un bosquet qui diffuse faiblement une lumière blanchâtre, attire son attention : il lui rappelle la tour. Il se souvient qu’il est en possession de l’essence de feu et la prend en main pour éclairer la terre aride qui l’environne. L’essence flamboyante fait mieux, elle colore la terre en un orange chaleureux, qui raffermit la détermination de Nathan. Il s’approche ainsi de la source, émerveillé, et trébuche sur une racine. Une grenouille gobe la flamme éternelle et disparaît dans l’étang de la source. Nathan inquiet regarde dans l’eau, et aperçoit brièvement la grenouille grossie et rougie. Toujours inquiet, il demeure à regarder, mais sans succès. L’étang se met à faire des bulles, beaucoup de bulles. Une énorme grenouille, zébrée de rouge, en sort. Elle est grande de deux mètres et possède des dents bien tranchantes. Elle lance sa langue en direction de Nathan, libérant son haleine de soufre. Elle ne fait que trancher un tronc, car Nathan s’est jeté à terre, où il siffle de l’appeau. Les libellules vrombissent en masse. Il frotte fort la goutte, en esquivant de justesse le nouveau lancer de lasso de la grenouille, qui ne fait qu’emporter une poignée de libellules. Les nuages au-dessus d’eux s’assemblent lentement, faisant le sol sombre, sur lequel Nathan vient de se voir attrapé. Bien que les libellules aient essayé de brouiller la vue de la grenouille, la jambe de Nathan est tenue par la langue, et la grenouille le traîne jusqu’à sa gueule ; c’en est bientôt fini de lui. De désespoir, il empoigne plus fort encore la goutte, l’agite vivement contre la grenouille. Un jet d’eau jaillit de sa main, tandis qu’il se rapproche dangereusement de la gueule. Ayant retrouvé espoir, il tend vigoureusement la goutte vers ce caveau fétide, si fort qu’elle y déverse une formidable vague qui le submerge de l’intérieur. Sous la pluie torrentielle, elle rapetisse à vue d’œil en recrachant l’essence flamboyante. « Ca t’apprendra ! », s’exclame-t-il, ayant retrouvé le sourire. Nathan a compris qu’il peut désormais lancer de l’eau. Il range l’essence dans son sac.
Nathan commence à entamer le chemin, mais se ravise : et si cette source avait des vertus magiques, après tout c’est la source à l’eau claire. Par curiosité il jette la grosse goutte dans l’étang de la source. L’eau irradiant de blanc se teinte d’un turquoise profond et s’anime de remous, puis se couvre d’écailles. Elle forme la spirale d’un serpent aux yeux d’or. Le serpent bleu parle alors à Nathan : « Merci, me voici revigoré, Nathan. Mon pouvoir n’est en effet pas illimité, et était sur le point de s’épuiser. Prends soin à l’avenir de recourir à mes pouvoirs avec parcimonie ; tes excès pourraient me faire disparaître… » Nathan, riche de cet enseignement, reprend la route, bien résolu à faire un usage raisonnable des pouvoirs en sa possession. C’est une manière pour lui de se souvenir des libellules disparues dans la gueule de la grenouille.
Le chemin serpente, dans une vallée étroite. Le vent souffle et siffle à foison. Nathan s’arrête pour reprendre son souffle. Il songe : c’est sans doute le feu qui l’aidera à dompter les vents ; les libellules ne seront une fois de plus que de peu d’utilité… Et Nathan n’attend pas, reprend le chemin et arrive à un col très étroit, rappelant un lit de rivière asséché, surplombé de branches mortes. Le lieu est lugubre. Des chauves-souris volettent au-dessus de lui ; des bourrasques le repoussent. Il décide de sortir l’essence flamboyante. De sa main coule une vive traînée de feu, derrière lui. Ainsi s’éclaire la tranchée rocailleuse, et la chaleur amie le réconforte. Il progresse lentement, jusqu’à une sortie en plein air. Un vautour est perché sur une branche ; il ricane à sa vue et le toise froidement. Nathan hésite à faire parler le feu ; il décide de forcer le passage tête baissée. « Attends ! Que viens-tu faire par ici ?
- Je viens chercher l’outre des vents.
- Tu es bien téméraire. Tu sais, j’en ai rongé des cadavres au bord de ce chemin… »
Nathan est intimidé par les yeux du vautour, mais il tend devant lui l’essence flamboyante : « Le feu m’accompagne ! » Et Nathan n’attend pas, et affermit le pas vers le sombre pic houleux qui le surplombe. Le vent tourne sans cesse, il est obligé de progresser en rampant. Ce sont deux heures d’effort, de petits gains remportés des pieds et des mains. Mais il dérape, et glisse d’un mètre : il a manqué de peu de dévaler la pente. Il reprend l’ascension, un plateau ne semble qu’à une dizaine de mètres au-dessus de lui. Mais cette fois il perd tous ses appuis, et chute dans la pierraille. Ce temps de l’abandon, face à la mort imminente, lui semble long : il pense à sa tente et à sa terre natale quittée pour le voyage. Il pense une nouvelle fois aux vertus de l’essence flamboyante, dont il s’empare pour la tendre vers son lieu de chute. De toute sa volonté, il en tire une tornade de feu qui le propulse comme une fusée en sens inverse, et qui lui permet d’atteindre une racine dépassant du plateau désiré. Il s’y accroche et peut de nouveau reposer et se reposer sur ses deux jambes : il l’a bien mérité. Là-haut donc, une sorte de couloir crachant moult vents paraît conduire à une grotte. Malgré les hurlements venteux, Nathan croit bien entendre un ronflement rauque ; et sent une odeur de soufre. Il se tient sur ses gardes. Il parcourt un virage à droite puis un virage à gauche, et parvient à une grande cave naturelle, où demeure l’âtre des vents. Mais comme il s’en doutait, il n’est pas seul : une grosse chauve-souris-vautour vient de se réveiller. Elle est recouverte d’une toison orange et violette. De ses grandes griffes, la CSV tente de déchirer l’intrus, mais ne fait que fendre un couple de rochers. Nathan, vif, esquive et lance une salve brûlante, qui contraint la CSV à se protéger. Nathan en profite pour lancer une salve plus puissante, en vain. La CSV enragée se jette sur Nathan, mais ce dernier est décidé à en découdre à l’aide d’une belle boule de feu. La CSV a l’aile brûlée, elle hurle de douleur, et de rage de ne plus pouvoir voler. L’essence flamboyante a cependant faibli de puissance. Face à la vorace CSV, Nathan peut tout juste opposer un jet brûlant avec lequel il atteint son visage, ce qui ne fait que l’aveugler. Désirant avoir le champ libre pour l’outre des vents, Nathan sort sa goutte et projette une vague fort puissante dans sa gueule. Ainsi elle est neutralisée. Alors les vents, désormais sans maître, se déchaînent. Pas de répit pour Nathan : il est projeté en arrière, et se cogne le dos au premier virage. Il s’adosse à la paroi, s’appuie des jambes, tend son corps contre la source des vents. Il nourrit amplement un jet d’eau en sa direction. L’eau lancée est torsadée par le vent, une pluie mousseuse en naît ; Nathan se protège les yeux, de plus en plus faible physiquement, mais résolu à ne pas céder face à l’élément aérien : il sait ce que lui a coûté d’être ici et il compte bien ne pas être délogé. Il ne sait lui-même où il trouve la force de ce dernier affrontement. De sa main gauche, il garde contre sa poitrine la faiblissante essence de feu, qui, par l’effet des rafales, l’auréole de feu. Tendu du plus qu’il peut, et courbé face à la source des vents, il progresse à petits pas avec la torsade géante surgissant de sa main droite. Il doit encore emprunter le virage à gauche et traverser l’intérieur de la grotte jusqu’à l’âtre. Il songe que la force va lui manquer. « Serpent de l’onde, je ne vaincrai pas sans ton aide. » Et son esprit se concentre sur l’image du reptile bleu. « Porte-moi de toutes tes forces. Accorde-moi d’être l’eau dompteuse des vents ! » L’eau torsadée se couvre d’écailles et accentue sa torsade. Nathan s’y fond, tandis que le jet serpentant, malmené par le vent, dispersé de toutes parts, croît vers l’âtre des vents. Il parvient jusqu’à l’entrée de la cave ; l’écume habite l’air, l’eau rayonne de turquoise et ses reflets colorent les parois. La colonne d’eau forcit, les yeux d’or apparaissent et percent de lumière les bourrasques. Elle rogne peu à peu la distance jusqu’à l’âtre, dans un feu d’artifices aqueux. Comme un serpent de mer face à un griffon, la colonne se tord dans tous les sens pour parer les coups et mordre au cou son adversaire, le tout avec une vivacité sans borne. Un dernier effort de volonté de Nathan : il crie si fort qu’il porte momentanément la voix des profondeurs. La colonne se renforce une dernière fois et trace violemment, déchirant l’air, un chemin jusqu’à l’âtre, où elle se concentre pour encercler l’outre. Aussitôt la colonne disparaît et Nathan reparaît l’outre dans les mains. L’endroit est désormais paisible ; Nathan s’allonge, harassé, et dévore son en-cas. Il sort ensuite de la grotte, et descend du plateau avec prudence. Après somme toute une petite promenade, il gagne la source à l’eau claire, où il laisse reposer la goutte. Il a pris soin de ramasser des branches et attise un foyer pour accueillir l’essence flamboyante. Mais il ne s’attarde que le temps nécessaire et rejoint vite le chemin de la tour du mage.
vendredi 2 juillet 2010
K.37 L'imminence sautillante et incertaine continuée de l'affrontement.
Bien qu'étouffée par la houle, la clameur grandissante des "hourras !", éveille la nef, comme un oiseau qui s'ébroue : [7 secondes] les canonniers s'affairent et astiquent en rythme les pièces d'artillerie ; les soldats affûtent les sabres et se rangent sur le pont, avec une mâle soif d'affrontements. Ils trépignent, se lancent des défis [18 secondes] et leurs cœurs se chantent déjà en des circonvolutions flamboyantes les faits d'armes à venir. [27 secondes] La clameur se fait prochaine, à la mesure de l'accroissement de l'ardeur combattive, mais l'éloignement encore trop important de la nef ennemie les contraint aux fantasmes les plus séduisants d'une bataille rageuse où ils auraient le dessus ; tous fantasmes qu'ils sont, ils bruissent dans leurs âmes, en se frottant en saccades à la réalité - que la main droite exprime par ses tressautements aigus. [51 secondes] Dans l'attente de l'affrontement, sont alors les derniers cris animés des soldats, avant un relative accalmie, présanguinaire. [1 minute 7] Les canons parlent, en deux salves, pour évaluer l'ennemi. Les marins hors d'eux, fourmillent ; répondent intérieurement à l'appel guerrier de la nef toute proche, en se pressant au bord de rencontre. [1 m 27] Cette fois, c'est l'abordage : une pointe d'hommes fébriles perce le rang hostile et permet le déversement d'une masse de marins. Dégainés, les sabres dansent ; et parmi eux, un fier aguerri, dressé comme sa lame, se joue d'une troupe en tournoyant. Après cet habile carnage, ses compagnons achèvent de faire place nette, dans cette partie du bateau. [2 minutes 16] La rage se voit renouvelée, noircie, par la fureur du sang versé ; les coups se font plus pesants, la tornade de lame plus tranchante, et si le sabre épouse le ciel, ce n'est que pour trancher plus profondément, sans appel, jusqu'au tournoiement ultime de rage ramassée. [3 minutes 14] L'ardeur de l'adversaire, pourtant, ne faiblit pas ; c'est toujours ce tranchant amer qui parle, blanchi par la triste écume et la sévérité du ciel. Y a-t-il gloire à tirer de l'humaine obstination, à combattre ?
jeudi 10 juin 2010
Montagne
Je ne vois rien,
Je veux simplement entendre le silence,
comprendre les conseils du vent sombre
qui font valser la plaine.
Montagne je ne demande rien,
ma marche est bien assez lente
pour que si vous vouliez m'offrir une phrase
vous puissiez toujours me rattraper.
Montagne je suis aveugle,
mes falaises me masque les ombres
qui s'étirent en fleuve en bas de mes hanches,
Montagne je ne rêve que d'un radeau,
de m'embarquer pour une longue traversée,
d'apercevoir au loin
une autre monstrueuse excroissance de terre
qui tranche l'horizon terne des répétitions.
Montagne je suis malade des villes
et de leur nuée de vitres et d'éther,
Montagne je songe et me torture
de l'âpreté des pavés réverbères
qui jalonnent mes rêves.
Montagne j'espère en l'autre,
ce passeur d'eau invisible et secret,
cette lueur tapie
là où on ne l'attend jamais,
Ce début de sourire
qui suffit à courber
le joug sombre et froid
des machines,
ces tentaculaires qui nous rendent à l'inertie,
à l'anonymat,
et aux tortures
des rondes automobiles.
Montagne je sème
des amandes
à chaque bourrasques de vent,
parole foen,
mistral de mot,
autan de féérie,
qui répandent une poussière
de cendre,
sur le front trop plat des villes,
recouvrant les symboles mortifères
de la Grande Publicité,
Montagne,
faisant taire
dans le recouvrement de mes crevasses
la voix amère de tous les biens pensants,
soldats silencieux
qui gomment avec méthode
toutes les nuances de ciel
naissant entre les briques serrées
de leur plafond toujours trop bas,
qui repeignent en blanc les temples
couverts du sang frais de leur proie commerciales,
qui érigent les antennes clignotantes
qui bombarderont sans fin
les foyers épuisés par le cycle incessant
des mécaniques bien réglées.
Soldats silencieux
ignorant les larmes
qui gonflent chaque soir les caniveaux
remplis des cotillons multicolores
de leur consommation.
Soldats haletant des masses assoiffées
par les désirs estampillés & Co. ,
frustrés battant sans cesse les grands claviers
de l'oracle mondial des vérités,
encostumés de l'uniforme
qui ne voient plus,
prisonniers des habitudes
et de l'indifférente immobilité,
les possibles infinis qui recouvrent le monde
à chaque bourrasque de vent,
qui n'entendent plus la voix de leur propre désir,
tous conspués pilule par dose télévisé,
ivres transistors emporté par la valse électron,
le visage écrasé
contre
l'écran clignotant point couleur
Montagne ils veulent me dévorer,
l'armée des bulldozers
égrène chaque jour mes contours,
Mais ils n'auront pas mon vent,
mon souffle amande
qui gonfle les voiles
du nautonier égaré,
et qui au loin fait perler l'espoir
d'une aurore.
Je veux simplement entendre le silence,
comprendre les conseils du vent sombre
qui font valser la plaine.
Montagne je ne demande rien,
ma marche est bien assez lente
pour que si vous vouliez m'offrir une phrase
vous puissiez toujours me rattraper.
Montagne je suis aveugle,
mes falaises me masque les ombres
qui s'étirent en fleuve en bas de mes hanches,
Montagne je ne rêve que d'un radeau,
de m'embarquer pour une longue traversée,
d'apercevoir au loin
une autre monstrueuse excroissance de terre
qui tranche l'horizon terne des répétitions.
Montagne je suis malade des villes
et de leur nuée de vitres et d'éther,
Montagne je songe et me torture
de l'âpreté des pavés réverbères
qui jalonnent mes rêves.
Montagne j'espère en l'autre,
ce passeur d'eau invisible et secret,
cette lueur tapie
là où on ne l'attend jamais,
Ce début de sourire
qui suffit à courber
le joug sombre et froid
des machines,
ces tentaculaires qui nous rendent à l'inertie,
à l'anonymat,
et aux tortures
des rondes automobiles.
Montagne je sème
des amandes
à chaque bourrasques de vent,
parole foen,
mistral de mot,
autan de féérie,
qui répandent une poussière
de cendre,
sur le front trop plat des villes,
recouvrant les symboles mortifères
de la Grande Publicité,
Montagne,
faisant taire
dans le recouvrement de mes crevasses
la voix amère de tous les biens pensants,
soldats silencieux
qui gomment avec méthode
toutes les nuances de ciel
naissant entre les briques serrées
de leur plafond toujours trop bas,
qui repeignent en blanc les temples
couverts du sang frais de leur proie commerciales,
qui érigent les antennes clignotantes
qui bombarderont sans fin
les foyers épuisés par le cycle incessant
des mécaniques bien réglées.
Soldats silencieux
ignorant les larmes
qui gonflent chaque soir les caniveaux
remplis des cotillons multicolores
de leur consommation.
Soldats haletant des masses assoiffées
par les désirs estampillés & Co. ,
frustrés battant sans cesse les grands claviers
de l'oracle mondial des vérités,
encostumés de l'uniforme
qui ne voient plus,
prisonniers des habitudes
et de l'indifférente immobilité,
les possibles infinis qui recouvrent le monde
à chaque bourrasque de vent,
qui n'entendent plus la voix de leur propre désir,
tous conspués pilule par dose télévisé,
ivres transistors emporté par la valse électron,
le visage écrasé
contre
l'écran clignotant point couleur
Montagne ils veulent me dévorer,
l'armée des bulldozers
égrène chaque jour mes contours,
Mais ils n'auront pas mon vent,
mon souffle amande
qui gonfle les voiles
du nautonier égaré,
et qui au loin fait perler l'espoir
d'une aurore.
mercredi 9 juin 2010
C'est donc ...
Les bras sur la tête, le coude rentré dans les côtes,
les jambes pliées sous le pied traversé de spasmes,
la main qui gratte le menton sous le ventre,
le nombril du tibia qui pend sous le genou,
le cœur qui s'emballe, qui se referme sur l'estomac foie petit pois,
le visage qui n'a plus de profil, la face qui s'écrase contre la vitre,
le poing aux ongles qui rentrent dans la paume,
le poing battant les cuisses sous les épaules,
le cou cerclé par colonne vertébrale, le torse tordu écrasé sur canapé,
le crâne tondu qui repose sur le flanc,
les hanches mâchoires qui déglutissent le sang noir de mes mains,
la peau tendue par des pinces accrochées à la lampe fer du bureau,
les doigts qui poussent entre mes lèvres,
ma langue arrachée qui a pris greffe sur ma poitrine,
ma cage thoracique écartelée qui libère mes poumons pompes à saveur.
C'est donc, c'est donc ...
Le cycle morbide des répétitions qui me ressaisit,
Je ne sais plus quand commence le jeu,
quand finit le je ...
C'est donc, c'est donc...
La foule inerte des ronds de fumée essayant de soulever le carreau de la vitre retenant le souffle de mes étoiles,
qui ne me distrait plus ...
Dans la suite tapageuse des rayons de soleil,
à peine interrompue par le passage des troupeaux de nuages,
Je ne trouve plus les ombres dont mes yeux se nourrissaient.
La boucle bouclée se referme sur un reflet
du miroir flou des profondeurs papiers.
Le bras sur la tête, le coude rentré dans les côtes,
C'est donc, c'est donc ...
Toute l'âme résumée quand lente nous l'expirons dans plusieurs ronds de fumée,
abolis en autres ronds, cercles de papiers et chimères alignées,
Que les hanches mâchoires déglutissent le sang noir de mes mains,
Que ça bave sur la feuille immaculée
Et remplit le vide apathique des journées qui s'étirent dans le silence des villes.
C'est donc, c'est donc ...
Embarqué de frêle esquif, à la reconquête de l'eau dérobée,
La voile gonflée au souffle de paroles amères,
Que je scrute le ciel pour découvrir les cartes
masquée dans les cascades lactées.
- Regards d'ancêtres et d'enfants qui se croisent-
C'est donc... la nuit,
notre grand livre à tous.
Et au soleil d'un grand feu de carnets et de cahiers,
les flammes longues et bleues dévorent
les lignes minces et serrées qui pigmentent mes yeux,
Dans la fumée du foyer des cendres se dessine un visage,
Phénix, Robinson renaissant à chaque incendie,
à la dérive toujours des océans dépourvus de larmes,
C'est donc, c'est donc,
Embarqué de frêle esquif, à la fuite des villes
et de leur cadavre cortège,
du flot ruminant de leurs masses consommantes,
de l'inertie maladive des corps propulsés métro,
des festins électriques et d'essence,
et de l'odeur encore fraiche des charniers...
Tout se mêle dans le bombardement quotidien des ondes et des antennes,
des ruines citadines jaillissent les images par gerbes incandescentes,
étincelles acides, électronique avide,
c'est la décharge mondialisée, l'électrochoc collectivisé,
le prozac distribué par transistors interposés.
Les patients cliniques de la norme
vénèrent en silence les blouses blanches
et les nouveaux fils du Soleil qui s'affairent sans cesse
dans le ventre des grands monolythes de verre.
Les hommes une laisse en soie nouée autour du cou
mettent au point les grandes incantations,
les calculs bénéfices bonheur
et l'avenir toute probabilité...
C'est donc .... l'aurore,
qui refuse de trancher
l'horizon de toutes leurs horreurs,
C'est donc, c'est donc ...
Ma langue arrachée qui a pris greffe sur ma poitrine,
la nuit qui ne veut pas en finir,
ces mots répétés qui se confondent, s'entrechoquent,
Débris miettes et quelques restes ...
Il n'y a plus de mots ...
C'est donc, c'est donc ...
Ma cage thoracique écartelée qui libère mes poumons pompes à saveur,
l'insomnie révoltée du briseur d'horloge,
C'est donc, c'est donc ...
Le coin bleu de la page qui prend feu,
courrez, pauvres fous, courrez !
fragiles brindilles et coques de noix,
tout cela flambera bien vite, croyez moi !
C'est donc ... le poème qui se veut torche,
l'écriture foudre,
qui dans un fracas de terre
ensevelie les répétitions des villes,
embrase dans un vacarme de démence
les conduites et tuyauteries des biens pensants.
C'est donc, c'est donc...
Le cadavre macabre des feuilles qui recouvre déjà la scène,
déchiqueté, tranché, cisaillé,
le poète qui ne veut plus de poèmes,
qui veut écrire des braises,
chanter des ruines,
et danser sur le cercueil des villes tentacules.
C'est donc, c'est donc ...
L'horloge qui ne cesse sa ronde,
la course effrénée du poignet
qui cache le mot clandestin sous des monceaux de papiers...
Mais l'horloge guette toujours,
et rattrape le temps que je veux ici préserver...
C'est donc, c'est donc ...
La mécanique butée des aiguilles de fer
qui encore agence la ville,
et d'un même geste banni l'aurore,
que nous ne verrons peut être plus...
les jambes pliées sous le pied traversé de spasmes,
la main qui gratte le menton sous le ventre,
le nombril du tibia qui pend sous le genou,
le cœur qui s'emballe, qui se referme sur l'estomac foie petit pois,
le visage qui n'a plus de profil, la face qui s'écrase contre la vitre,
le poing aux ongles qui rentrent dans la paume,
le poing battant les cuisses sous les épaules,
le cou cerclé par colonne vertébrale, le torse tordu écrasé sur canapé,
le crâne tondu qui repose sur le flanc,
les hanches mâchoires qui déglutissent le sang noir de mes mains,
la peau tendue par des pinces accrochées à la lampe fer du bureau,
les doigts qui poussent entre mes lèvres,
ma langue arrachée qui a pris greffe sur ma poitrine,
ma cage thoracique écartelée qui libère mes poumons pompes à saveur.
C'est donc, c'est donc ...
Le cycle morbide des répétitions qui me ressaisit,
Je ne sais plus quand commence le jeu,
quand finit le je ...
C'est donc, c'est donc...
La foule inerte des ronds de fumée essayant de soulever le carreau de la vitre retenant le souffle de mes étoiles,
qui ne me distrait plus ...
Dans la suite tapageuse des rayons de soleil,
à peine interrompue par le passage des troupeaux de nuages,
Je ne trouve plus les ombres dont mes yeux se nourrissaient.
La boucle bouclée se referme sur un reflet
du miroir flou des profondeurs papiers.
Le bras sur la tête, le coude rentré dans les côtes,
C'est donc, c'est donc ...
Toute l'âme résumée quand lente nous l'expirons dans plusieurs ronds de fumée,
abolis en autres ronds, cercles de papiers et chimères alignées,
Que les hanches mâchoires déglutissent le sang noir de mes mains,
Que ça bave sur la feuille immaculée
Et remplit le vide apathique des journées qui s'étirent dans le silence des villes.
C'est donc, c'est donc ...
Embarqué de frêle esquif, à la reconquête de l'eau dérobée,
La voile gonflée au souffle de paroles amères,
Que je scrute le ciel pour découvrir les cartes
masquée dans les cascades lactées.
- Regards d'ancêtres et d'enfants qui se croisent-
C'est donc... la nuit,
notre grand livre à tous.
Et au soleil d'un grand feu de carnets et de cahiers,
les flammes longues et bleues dévorent
les lignes minces et serrées qui pigmentent mes yeux,
Dans la fumée du foyer des cendres se dessine un visage,
Phénix, Robinson renaissant à chaque incendie,
à la dérive toujours des océans dépourvus de larmes,
C'est donc, c'est donc,
Embarqué de frêle esquif, à la fuite des villes
et de leur cadavre cortège,
du flot ruminant de leurs masses consommantes,
de l'inertie maladive des corps propulsés métro,
des festins électriques et d'essence,
et de l'odeur encore fraiche des charniers...
Tout se mêle dans le bombardement quotidien des ondes et des antennes,
des ruines citadines jaillissent les images par gerbes incandescentes,
étincelles acides, électronique avide,
c'est la décharge mondialisée, l'électrochoc collectivisé,
le prozac distribué par transistors interposés.
Les patients cliniques de la norme
vénèrent en silence les blouses blanches
et les nouveaux fils du Soleil qui s'affairent sans cesse
dans le ventre des grands monolythes de verre.
Les hommes une laisse en soie nouée autour du cou
mettent au point les grandes incantations,
les calculs bénéfices bonheur
et l'avenir toute probabilité...
C'est donc .... l'aurore,
qui refuse de trancher
l'horizon de toutes leurs horreurs,
C'est donc, c'est donc ...
Ma langue arrachée qui a pris greffe sur ma poitrine,
la nuit qui ne veut pas en finir,
ces mots répétés qui se confondent, s'entrechoquent,
Débris miettes et quelques restes ...
Il n'y a plus de mots ...
C'est donc, c'est donc ...
Ma cage thoracique écartelée qui libère mes poumons pompes à saveur,
l'insomnie révoltée du briseur d'horloge,
C'est donc, c'est donc ...
Le coin bleu de la page qui prend feu,
courrez, pauvres fous, courrez !
fragiles brindilles et coques de noix,
tout cela flambera bien vite, croyez moi !
C'est donc ... le poème qui se veut torche,
l'écriture foudre,
qui dans un fracas de terre
ensevelie les répétitions des villes,
embrase dans un vacarme de démence
les conduites et tuyauteries des biens pensants.
C'est donc, c'est donc...
Le cadavre macabre des feuilles qui recouvre déjà la scène,
déchiqueté, tranché, cisaillé,
le poète qui ne veut plus de poèmes,
qui veut écrire des braises,
chanter des ruines,
et danser sur le cercueil des villes tentacules.
C'est donc, c'est donc ...
L'horloge qui ne cesse sa ronde,
la course effrénée du poignet
qui cache le mot clandestin sous des monceaux de papiers...
Mais l'horloge guette toujours,
et rattrape le temps que je veux ici préserver...
C'est donc, c'est donc ...
La mécanique butée des aiguilles de fer
qui encore agence la ville,
et d'un même geste banni l'aurore,
que nous ne verrons peut être plus...
mercredi 2 juin 2010
C'est l'heure
Ailleurs l'aurore !
D'ailleurs l'horreur
s'annonce en toute splendeur.
Ailleurs l'aurore !
Il n'est plus l'heure
de l'effleurement du sens
par la branche d'un mot,
bien pesé, enjolivé de virgules
et de blancs légers comme l'instant.
Ailleurs l'aurore !
L'horreur approche !
les pas battant le pavé
annonce bien des fureurs.
L'aurore dans son entrelacs de nuances
et son souffle de soleil est ailleurs ;
D'ailleurs l'horreur s'annonce déjà,
silencieuse en l'état actuel des choses,
dans ce temps encore ambigu où l'on croit apercevoir l'aurore.
Mais pas de méprise ! C'est bien Horreur qui au loin tapie guette ses proies,
Terreur ne tardera pas, et avec elle, erreur, torpeur,
En cortège sous nos fenêtres qui battront des mains,
Acclameront sueur, famille, patrie et travailleur,
Invoqueront rancoeur, peur et malheur,
définiront bonheur dans un cri vengeur
adressé aux infidèles de leur norme mérite.
Horreur s'annonce, Terreur la suit,
et avec elles, aigreur, tumeur,
tous racoleurs, galvaudeurs et salvateurs,
Ils se mettront en tête fureur,
au pas cadencé des basses cours
où se retrouvent les adorateurs de l'horreur.
L'aurore est bien loin, d'ailleurs,
à l'heure où je vous parle
Terreur sévit en bas de chez moi,
des cris et des courses se répondent,
on entends des coups de feu claqués
entre les murs silencieux et ternes de mon quartier.
Fureur est de retour, je l'entends qui grince sur le pavé,
Terreur, horreur, son armée se drapent de voiles salvateurs,
et dans les ténèbres c'est l'heure,
L'aurore est depuis longtemps morte,
ne reste que Capital,
Fureur de tout ce bruit mêlé de fusillade,
et le silence de mon quartier,
Répression d'un cri qui ne parvient à naître.
D'ailleurs l'horreur
s'annonce en toute splendeur.
Ailleurs l'aurore !
Il n'est plus l'heure
de l'effleurement du sens
par la branche d'un mot,
bien pesé, enjolivé de virgules
et de blancs légers comme l'instant.
Ailleurs l'aurore !
L'horreur approche !
les pas battant le pavé
annonce bien des fureurs.
L'aurore dans son entrelacs de nuances
et son souffle de soleil est ailleurs ;
D'ailleurs l'horreur s'annonce déjà,
silencieuse en l'état actuel des choses,
dans ce temps encore ambigu où l'on croit apercevoir l'aurore.
Mais pas de méprise ! C'est bien Horreur qui au loin tapie guette ses proies,
Terreur ne tardera pas, et avec elle, erreur, torpeur,
En cortège sous nos fenêtres qui battront des mains,
Acclameront sueur, famille, patrie et travailleur,
Invoqueront rancoeur, peur et malheur,
définiront bonheur dans un cri vengeur
adressé aux infidèles de leur norme mérite.
Horreur s'annonce, Terreur la suit,
et avec elles, aigreur, tumeur,
tous racoleurs, galvaudeurs et salvateurs,
Ils se mettront en tête fureur,
au pas cadencé des basses cours
où se retrouvent les adorateurs de l'horreur.
L'aurore est bien loin, d'ailleurs,
à l'heure où je vous parle
Terreur sévit en bas de chez moi,
des cris et des courses se répondent,
on entends des coups de feu claqués
entre les murs silencieux et ternes de mon quartier.
Fureur est de retour, je l'entends qui grince sur le pavé,
Terreur, horreur, son armée se drapent de voiles salvateurs,
et dans les ténèbres c'est l'heure,
L'aurore est depuis longtemps morte,
ne reste que Capital,
Fureur de tout ce bruit mêlé de fusillade,
et le silence de mon quartier,
Répression d'un cri qui ne parvient à naître.
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