mercredi 14 décembre 2011

Rôdeur

J'ai des bagages toujours prêts, une culotte de rechange, les genoux affûtés, et une guitare accordée au LA de la route - tintement arraché aux souches et aux silex par mes bottes de nu-pied. C'est du bois rouillé que cette guitare où viennent s'élimer sporadiquement mes doigts -et leur chancre!- dans l'attente d'un peu d'avoine pour mes fidèles chevaux.

J'avance, sans compter les collines à gravir; je passe pareil les villages suspendus aux caprices du ciel. La mémoire me sert de repos; sa symétrie aux voies étoilées efface la porosité et la densité des esprits. Des chiens dans les dents, des sommets dans les pattes et des orteils dans les souvenirs; le poil mouillé, de bonds joyeux en vols hasardeux, je rêve éveillé.

De vieux livre -abris d'insectes noctambules- composent mon oreiller si le plancher vert fait défaut ou s'il se dérobe à mes idées. Un sourire à la chair rosée colle à mon cœur moite et ma langue a des ruisseaux pour parchemin: les sentiers nocturnes ne comptent plus mes passages détrempés.

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