Tâtant du bout des lèvres
Le cadavre frais d’un poème.
Les glanes de sentiers sauvages
S’étirent sur mes mains pâles.
Pensée,
Glissant sur le bas des pages,
Bras tatoué des ombres,
Perles d’encre, découpant la peau froide du papier.
Pensée
Murmure éreinté du temps
Coulant lentement par les espaces transparents
D’un corps cherchant la lueur de sa mesure.
Criblé des traits éparses de ma plume,
Le temps muet s’agenouille à la virgule,
Attendant ma mort,
Tâtant déjà des lèvres
Le cadavre frais d’un poème.
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