dimanche 20 février 2011

Dealers de mots



« Le vice se répand ! », qu’ils clament à tue tête,

« le crime se propage ! Gangrène Dame Démocratie ! ».


On les voit le matin qui passent dans la rue…

Qui vendent des feuillets tachés d’encre noir.


« La mort est à vos portes ! Il y va de vos vies mes amis ! ».


Les gens accourent, se trémoussent, se disputent les papiers.

Les fronts se tordent au dessus des mots.


Peur,

disséminée à dose raisonnable le lendemain des grandes émotions.


Peur,

sur les ondes, les écrans, les panneaux, les plaques, les affiches,

les tracts, les flyers, les vitrines, les automobiles.


Horreur savamment distribuée… Mithridatisation perverse…

dépendance à la sueur, aux bondissements,

au sentiment d’un tout puissant.


Sécrétion jouissive de l’organe… peur… effroi… l’échine se détache,

se rétracte,

se tord.


Les chaînes s’oublient,

l’échine est parti,

l’homme est malléable,

flexible,


consommable.


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